Un homme politique sur trois est une femme

Où sont les femmes dans les mandats exécutifs, les fonctions les plus visibles et les plus influentes, qui pèsent donc le plus sur le processus de décision politique ?

19711004 - BRUSSELS, BELGIUM (FILE) : This file file picture dated 04 October 1971 shows Marguerite De Riemaecker-Legot, the first Belgian woman who had been minister, taking the oath as Brussels alderwoman. BELGA PHOTO ARCHIVES
19711004 - BRUSSELS, BELGIUM (FILE) : This file file picture dated 04 October 1971 shows Marguerite De Riemaecker-Legot, the first Belgian woman who had been minister, taking the oath as Brussels alderwoman. BELGA PHOTO ARCHIVES ©BELGAIMAGE
Annick Hovine

Où sont les femmes dans les mandats exécutifs, les fonctions les plus visibles et les plus influentes, qui pèsent donc le plus sur le processus de décision politique ? Dans son dernier rapport, "Femmes au sommet", sorti en 2013, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a examiné la situation dans les six gouvernements que compte la Belgique.

Premier constat : (presque) un homme politique sur trois est une femme dans les exécutifs qui comptent, au total, 69 % de ministres masculins pour 31 % de ministres féminins.

Et le plus misogyne est…

Cela dit, les gouvernements n’aiment pas tous les femmes dans les mêmes proportions. A cet égard, l’exécutif wallon apparaît sans conteste comme le plus misogyne, avec une seule ministre (Eliane Tillieux, PS) pour sept hommes, soit un score de 12,5 %.

A l’inverse, le gouvernement flamand est le plus féminin, avec 4 membres féminins sur 9 (44 %).

L’exécutif fédéral tire son épingle du jeu avec 6 femmes (32 %) dont 2 sont vice-Premières ministres : Laurette Onkelinx (PS) et Joëlle Milquet (CDH); 3 sont ministres : Sabine Laruelle (Classes moyennes, MR), Annemie Turtelboom (Justice, Open VLD) et Monica De Coninck (Emploi, SP.A), ainsi qu’une secrétaire d’Etat, Maggie De Block (Asile et Migration, Open VLD), qui ne fait pas que de la figuration…

L’équipe Di Rupo s’en sort donc pas mal, même si c’est le deuxième gouvernement de Guy Verhofstadt (2003-2007) qui était le plus philogyne avec 38 % de femmes au pouvoir (6 ministres et 2 secrétaires d’Etat).

Jamais de Première

Pour la petite histoire, il a fallu attendre la mise en place du gouvernement de Pierre Harmel (1965-1966) pour voir une première femme siéger au gouvernement : Marguerite De Riemaecker-Legot, reprise ensuite dans le gouvernement de Paul Vanden Boeynants, fut ministre… de la Famille et du Logement du 28 juillet 1965 au 17 juin 1968.

L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a encore calculé que, sur la totalité de la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, on n’a dénombré que 90 femmes au sein des gouvernements fédéraux, contre 991 hommes, soit une moyenne de 8,3 %.

Pour les distraits, on précise que le mandat exécutif suprême au fédéral - la fonction de Premier ministre - n’a jamais été exercé par une femme.

Poussées

En Belgique, une série de mesures ont été prises sur le plan juridique depuis le milieu des années 1990 pour augmenter la présence des femmes au sein des assemblées législatives : maximum de deux tiers de candidats d’un même sexe sur les listes en 1994; parité en 2002 (pour les élections fédérales, régionales et européennes); présence obligatoire des deux sexes aux deux premières places…

Autant de mesures qui ont poussé les femmes dans les travées parlementaires, même s’il reste de grandes disparités entre les régions et les partis.


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