Congrès antisémite à Anderlecht: le Conseil d'Etat confirme l'arrêté d'interdiction

Le député Laurent Louis a appelé à la fin du rassemblement devant une salle de la chaussée de Mons à Anderlecht où devait se tenir le "Congrès européen de la dissidence", à la suite de l'intervention de la police. Une personne a été blessée à la suite d'un jet d'eau.

Congrès antisémite à Anderlecht: le Conseil d'Etat confirme l'arrêté d'interdiction
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Le Conseil d'Etat a confirmé l'arrêté de la commune d'Anderlecht, indique Eric Tomas, le bourgmestre. Il a pris, ce dimanche matin, un arrêté interdisant l'organisation du "Congrès européen de la dissidence". Le bourgmestre motive sa décision en raison des risques importants pour la sécurité, la sûreté et la tranquilité publiques liés à l'organisation du congrès. 

Laurent Louis appelle à la fin du rassemblement

Le député Laurent Louis a appelé à la fin du rassemblement devant une salle de la chaussée de Mons à Anderlecht où devait se tenir le "Congrès européen de la dissidence", à la suite de l'intervention de la police. Le député a dit vouloir attendre la décision que prendra le Conseil d'Etat à la suite du recours introduit en urgence contre l'arrêté interdisant la tenue du congrès pris par le bourgmestre d'Anderlecht. S'il est annulé, les organisateurs et participants se rendront à nouveau dans la salle. S'il est maintenu, les orateurs invités se réuniront et le contenu de leurs échanges sera retranscrit, a-t-il expliqué.

Dimanche vers 15h15, la police a dispersé les personnes qui s'étaient rassemblées devant la salle "Akdeniz". Deux autopompes sont entrées en action. Quelques altercations ont eu lieu entre les forces de l'ordre et les participants à ce congrès qui se sont répandus en quenelles et ont jeté des ananas, en référence à la chanson parodique de l'humoriste Dieudonné "Shoah ananas".

Une personne a été blessée à la suite d'un jet d'eau, a indiqué le porte-parole de la police, Roland Thiebault. Elle a été évacuée à bord d'une ambulance.

Sur sa page Facebook, le député belge estimait dimanche qu'interdire le congrès "ne ferait que décupler le succès actuel de 'Debout les Belges'". "La décision la plus sage serait de nous laisser nous réunir dans l'indifférence médiatique", plaidait-il, peu avant que l'interdiction soit confirmée.

"Nos invités ont tous confirmé leur présence et quoi qu'il arrive, interdiction ou pas, vous pourrez les rencontrer et passer avec nous une journée inoubliable ! Ne cédez donc pas aux pressions et venez en famille, dans le calme et la bonne humeur", peut-on encore lire.

Le bourgmestre d'Anderlecht Eric Tomas a pris dimanche matin un arrêté interdisant le rassemblement.

Sur Facebook, le leader de "Debout les Belges!" a publié un post, qui tend à prouver qu'il compte, malgré son interdiction de tenir le congrès de la dissidence à Anderlecht, faire un coup...

Le bourgmestre d'Anderlecht Eric Tomas (PS) a pris, dimanche matin, un arrêté interdisant l'organisation du "Congrès européen de la dissidence", prévu dimanche après-midi sur son territoire, Chaussée de Mons. Le bourgmestre motive sa décision en raison des risques importants pour la sécurité, la sûreté et la tranquilité publiques liés à l'organisation du congrès. L'interdiction concerne tant l'organisation que les orateurs et les participants ou invités.

Un périmètre qui interdira l'accès a été défini autour du square Albert 1er. L'interdiction vise également toute manifestation publique de soutien ou de réprobation à ce congrès. Les forces de police ont été mobilisées et chargées de veiller au respect de cet arrêté. L'interdiction a été communiquée au propriétaire de la salle. Le Bourgmestre d'Anderlecht invite fermement manifestants et contre manifestants à respecter l'arrêté.

Le gouverneur de Bruxelles prend à son tour un arrêté d'interdiction

Le gouverneur de Bruxelles, Jean Clement, a pris dimanche soir un arrêté étendant la mesure d'interdiction du Congrès européen de la dissidence organisé par le parti du député Laurent Louis à l'ensemble du territoire bruxellois, a indiqué la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. "Pour poursuivre les mêmes objectifs de sécurité et d'ordre public, et prévenir tout rassemblement éventuel ce soir à un autre endroit pouvant causer les mêmes troubles d'ordre public que ceux évoqués dans l'arrêté d'interdiction de la commune d'Anderlecht, le gouverneur faisant fonction de l'Arrondissement administratif de Bruxelles Capitale a, par arrêté et mesure de précaution, étendu l'interdiction à l'ensemble du territoire des 19 communes bruxelloises", a annoncé le cabinet de la ministre.

Milquet juge cette décision légitime

La ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet (cdH) soutient la décision prise dimanche matin par le bourgmestre d'Anderlecht Eric Tomas (PS) d'interdire la tenue du "Congrès européen de la dissidence" sur son territoire, a-t-elle déclaré dimanche matin à l'agence Belga. Joëlle Milquet estime que "l'arrêté d'interdiction adopté par Eric Tomas, bourgmestre d'Anderlecht, s'inscrit parfaitement dans le cadre de l'analyse et de la coordination opérées entre les différents bourgmestres de la Région de Bruxelles-Capitale, les services de sécurité et de police, ainsi que de l'Intérieur".

Elle ajoute que "cet arrêté est légitimé en raison des risques importants de troubles et heurts en matière d'ordre public, liés notamment aux caractéristiques de l'événement et des personnalités invitées, et aux conséquences en matière de mobilisation et contre-mobilisation annoncées de groupes antagonistes susceptibles de troubler gravement la sécurité, la sûreté et la tranquillité publiques".

Des figures françaises connues pour leur antisémitisme avaient annoncé leur participation au "Congrès européen de la dissidence", prévu dimanche après-midi à Anderlecht. Le député belge Laurent Louis, Alain Soral, Hervé Ryssen, Kemi Seba ou encore l'humoriste Dieudonné avaient fait part de leur venue. Certains d'entre eux ont déjà fait l'objet de condamnations judiciaires en France.


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