L'Etat défend le maintien du plan Wathelet

Les avocats de l'Etat belge ont plaidé, lundi, devant le tribunal de première instance de Bruxelles, le rejet de la demande de la Région bruxelloise visant à supprimer deux routes aériennes telles que définies depuis février dernier par le plan Wathelet.

Belga
L'Etat défend le maintien du plan Wathelet
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Une décision est attendue dans le mois en première instance.

Les avocats de l'Etat belge ont plaidé, lundi, devant le tribunal de première instance de Bruxelles, le rejet de la demande de la Région bruxelloise visant à supprimer deux routes aériennes telles que définies par le plan Wathelet. Selon l'Etat, faire droit à cette demande impliquerait un retour à une situation au détriment des habitants de l'Est de Bruxelles, précisément une partie de Woluwe-Saint-Pierre, Kraainem et Wezembeek-Oppem. "Supprimer, comme le demande la Région bruxelloise, la route "du canal" et la route "du virage à gauche", telles que modifiées par le plan Wathelet en février dernier, signifierait un retour à une situation déplorable pour les habitants de l'Est de Bruxelles", a plaidé Me Jan Bouckaert, conseil de l'Etat belge.

"Et cette partie du territoire est déjà la plus affectée par les décollages et les atterrissages des avions depuis l'aéroport de Zaventem. Les nuisances sonores à cet endroit ne sont pas comparables à celles sur le reste du territoire de la région qui est survolé par les avions à plus de 4.000 mètres", a soulevé l'avocat. "Des habitants des communes de Kraainem et de Wezembeek-Oppem ainsi que certains habitants de Woluwe-Saint-Pierre, que je représente, ont autant le droit à la quiétude que d'autres", a également soutenu Me Laurent Wysen.

Ces deux avocats ont demandé au juge de rejeter la demande formulée par la région de Bruxelles-Capitale ainsi que par plusieurs communes bruxelloises visant la cessation de l'utilisation de deux routes aériennes du plan Wathelet.

Il s'agit des routes "du canal", qui traverse Bruxelles, et celle "du virage à gauche", qui passe notamment au-dessus d'Etterbeek, d'Ixelles et d'Auderghem. Celles-ci sont, selon les plaignants, en infraction avec plusieurs réglementations de protection de l'environnement étant donné les nuisances sonores subies par les habitants des zones urbaines survolées. "Vous pouvez constater une éventuelle violation d'une norme environnementale mais vous pouvez ensuite procéder à une balance des intérêts, selon le droit", a exposé Me Laurent Wysen.

Et dans la balance, il est nécessaire d'y mettre les intérêts des habitants de l'Est de Bruxelles sans oublier les intérêts socio-économiques de l'aéroport de Zaventem, selon les défendeurs. "La piste 25 R, qui implique forcément un survol de Bruxelles, est la plus longue et la mieux équipée. Sans l'utilisation de cette piste, c'est 75% de vols en moins. Autant fermer l'aéroport", a avancé Me Jan Bouckaert. "L'exploitation de cet aéroport exige le survol de Bruxelles. Et les normes en matière de bruits ne pourront jamais être respectées tant que la Région bruxelloise sera survolée. Ces normes, c'est une interdiction d'exploitation déguisée", a-t-il ajouté.

Le juge a pris l'affaire en délibéré et une décision sera rendue au plus tôt le 31 juillet prochain, au plus tard le 14 août prochain.