"Les universités doivent être les premières à bénéficier d'un refinancement"

Pour le président de l'UCL, Jean Hilgers, le refinancement de l'enseignement supérieur doit en priorité aller aux universités, "qui ont le plus souffert du définancement". Le nouveau recteur, Vincent Blondel, propose de faire preuve "d'imagination" pour "compenser l'absence de refinancement au niveau que nous revendiquons légitimement".

"Les universités doivent être les premières à bénéficier d'un refinancement"
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Le président de l'Université catholique de Louvain (UCL), Jean Hilgers, a réclamé lundi que les universités soient les premières à bénéficier du refinancement de l'enseignement supérieur promis par le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Nous espérons, dans un contexte de ressources limitées, que le gouvernement trouvera légitime de privilégier le plus urgent, c'est-à-dire accorder une priorité à ceux des acteurs de l'enseignement supérieur qui ont le plus souffert de +définancement+, à savoir les universités", a-t-il plaidé lundi soir à l'occasion de la séance de rentrée académique de l'UCL.

La nouvelle coalition PS-cdH aux commandes en Fédération Wallonie-Bruxelles a promis en juillet dernier de sortir du principe de l'"enveloppe fermée" qui régit depuis près de vingt ans l'enseignement supérieur et de refinancer l'ensemble du secteur (universités et Hautes écoles, ndlr) à hauteur de 106 millions à partir de 2016, là où les universités souhaitaient 100 millions pour elles seules.

Selon Jean Hilgers, ces moyens urgents sont indispensables à l'UCL pour relever le taux d'encadrement des étudiants dont le nombre a explosé ces deux dernières décennies, améliorer son environnement de recherche, et financer divers travaux d'infrastructures.

"Louvain-la-Neuve est une ville jeune, mais dont les bâtiments d'origine vieillissent mal. Or, à peine un quart des besoins de financement de grand entretien sont couverts aujourd'hui", a-t-il souligné devant quelque 700 personnes, parmi lesquelles figurait le ministre de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS).

S'exprimant à cette même occasion, le nouveau recteur, Vincent Blondel, a estimé pour sa part que l'UCL devrait faire preuve "d'imagination, de créativité et de capacité d'innovation" pour "compenser l'absence de refinancement au niveau que nous revendiquons légitimement".

Il a notamment réclamé des autorités publiques une "autonomie accrue" des universités pour organiser et gérer leurs ressources.

"L'université doit, par exemple, avoir la liberté de faire payer les coûts réels des études, approximativement 8.000 euros, aux étudiants extra-européens qui en ont les moyens, plutôt que de faire payer le contribuable belge", a-t-il plaidé.

Cette séance solennelle de rentrée académique était organisée sur le campus de Woluwe où l'UCL fête cette année le 40e anniversaire de sa présence. La cérémonie s'est tenue dans un tout nouvel auditoire de 900 places destiné aux étudiants de médecine inauguré ce lundi.


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