Nouveau clash MR-CDH sur le survol de Bruxelles

Vincent De Wolf réclame le gel des astreintes par la Région bruxelloise. Céline Fremault refuse.

Mathieu Colleyn
Nouveau clash MR-CDH sur le survol de Bruxelles
©Jean-Luc Flemal

La sortie de Vincent De Wolf n’a pas manqué de surprendre, mardi. Le chef de file du MR bruxellois a en effet réclamé que le gouvernement bruxellois ne perçoive pas tout de suite les astreintes quotidiennes de 50 000 euros qu’elle sera bientôt en droit de réclamer à l’Etat fédéral dans le cadre de la saga du survol de Bruxelles. Rappel important, le 31 juillet, la justice, saisie en cessation environnementale par la Région de Bruxelles-Capitale, condamnait l’utilisation du fameux virage gauche pour les décollages au départ de l’aéroport de Bruxelles-National. Depuis, deux interprétations de cet arrêt se déchirent. Celle des militants de l’association Pas Question et du MR qui veut que la justice ait explicitement décidé d’en revenir à l’ancien virage gauche, supprimé par l’ex-secrétaire d’Etat CDH Melchior Wathelet le 6 février dernier. Il s’agit ici du fameux moratoire qui replacerait les nuisances au-dessus de l’est de Bruxelles. Et l’autre qui veut que la justice ordonne effectivement la fin des deux virages condamnés sans pour autant imposer un autre itinéraire aux autorités fédérales.

C’est dans ce contexte que Vincent De Wolf se demande si "le CDH va pousser le cynisme jusqu’à faire payer par le contribuable le fruit de ses propres erreurs" en laissant le gouvernement bruxellois, dont il fait partie, exiger le paiement d’astreintes de 50 000 euros par jour de retard, à partir du 1er novembre. Il demande donc à Céline Fremault (CDH), ministre bruxelloise de l’Environnement, de renoncer au moins provisoirement aux astreintes. Ce qu’elle refuse de faire. "Les astreintes constituent un moyen de pression de droit ordonné par le tribunal de première instance de Bruxelles pour que la partie condamnée agisse conformément au jugement qui vise à l’allégement des nuisances sonores, lance-t-elle. Je n’entends pas renoncer à ce moyen de pression tant que le gouvernement fédéral ne prend pas de mesure pour se conformer à la décision prise dans l’intérêt des Bruxellois."

Quel serait l’intérêt de Bruxelles à renoncer à ces astreintes ? "C’est une question morale, réaffirme Vincent De Wolf, le CDH ne peut remplir ainsi les caisses à partir d’un problème qu’il a lui-même créé." Il en veut également à Catherine Fonck (CDH toujours), nouvelle secrétaire d’Etat fédérale à la mobilité de ne pas envoyer d’instruction aux aiguilleurs du ciel afin de faire respecter la décision de justice. Trois solutions alternatives sont toujours à l’étude. Il est plus que probable qu’en affaires courantes, le gouvernement fédéral ne tranchera plus dans ce dossier. On notera que le MR, représenté au gouvernement, ne prend pas d’initiative dans ce dossier.M. Co.