Les étudiants trouvent leurs bourses trop faibles

Les élèves les moins favorisés ont accès depuis longtemps à des bourses. Mais force est de constater que le montant moyen de ces bourses n’a que faiblement augmenté depuis les années 80. Il n’a en outre clairement pas suivi la hausse des prix.

Romain Demoustier
Les étudiants trouvent leurs bourses trop faibles
©Jean Luc Flemal

L’écart entre l’indice des prix et le montant moyen des allocations n’a cessé de se creuser ces dernières années.

L’enseignement supérieur doit être ouvert à tous. C’est là l’un des grands principes de notre pays. L’Etat se pose d’ailleurs comme garant de cette accessibilité à l’université pour le plus grand nombre.

Les élèves les moins favorisés ont en effet accès depuis longtemps à des bourses. Mais force est de constater que le montant moyen de ces bourses n’a que faiblement augmenté depuis les années 80. Il n’a en outre clairement pas suivi la hausse des prix.

L’allocation moyenne offerte aux étudiants était de 1.067,88€ l’année dernière. Un montant bien loin du coût réel d’une année scolaire pour un étudiant. "Selon nos études, une année coûte à un étudiant entre 7.000€ et 12.000 €. Ce coût est véritablement un problème majeur. Il opère comme une véritable sélection à l’entrée. Les bouses sont quant à elles beaucoup trop basses. La plupart des étudiants boursiers sont ainsi obligés de travailler à côté pour pouvoir survivre et financer leurs études", déplore Corinne Martin, présidente de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF).

Mourad Ouahmed, secrétaire politique à l’Union des Étudiants de la Communauté Française (Unecof), la situation est même plus grave. "Si on fait un rapide calcul par rapport à l’allocation moyenne, on se rend compte que nous sommes à un montant de seulement 85 € par mois. Ce qui fait moins de 5 € par jour. Cela ne suffit même pas pour se nourrir. La plupart des étudiants décident donc de tout mettre directement dans le loyer de leur kot. C’est souvent le plus important à leurs yeux", explique-t-il. Il ajoute : "Les bourses ne sont pas non plus adaptées aux différents types d’études. On sait qu’il y a des élèves qui décident de ne pas faire des études d’architecture par peur de ne pas savoir financer les frais supplémentaires."

Du côté du gouvernement, on regrette la situation. "On a hérité de cette situation du passé. Le budget alloué aux bourses est simplement indexé mais n’a pas suivi l’augmentation du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur. Nous avons néanmoins décidé d’indexer les bourses. Ce qui n’était pas le cas auparavant. Le minerval est quant à lui totalement pris en charge pour les étudiants boursiers", note Gaël Lambinon, porte-parole du ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt.

La réduction du coût des études sera certainement remise sur la table par les associations dès l’avènement du nouveau gouvernement.