Ebola: un cas possible au CHU St-Pierre

Lundi, vers 17h30, a été admis au CHU Saint-Pierre à Bruxelles, un patient présentant de la fièvre qui, bien que l’on soupçonne plutôt une malaria, pourrait avoir contracté le virus Ebola, lors d’un récent séjour en Guinée.

Ebola: un cas possible au CHU St-Pierre
©Bauweraerts D
Laurence Dardenne

Lundi, vers 17h30, a été admis au CHU Saint-Pierre à Bruxelles, un patient présentant de la fièvre qui, bien que l’on soupçonne plutôt une malaria, pourrait avoir contracté le virus Ebola, lors d’un récent séjour en Guinée. "Ce cas nous a été référé par l’Inspection de l’hygiène, nous précise le Dr Michelle Dusart, médecin-chef au CHU Saint-Pierre. Il s’agit d’un homme jeune originaire de la région de Tournai. S’il est peu probable que ce soit un cas d’Ebola, nous avons pris toutes les précautions habituelles. Le patient va bien; il est traité comme un Ebola probable et mis en quarantaine, en réanimation, bien isolé dans l’un des deux lits prévus à cet effet. Les analyses de sang ont été envoyées à Hambourg. Cela prend de trente-six à quarante-huit heures pour le résultat, mais je pense que ce n’est pas une vraie alerte. D’autant que ce patient, dont l’anamnèse n’est pas fiable, semble voir séjourné dans une région de Guinée qui n’est pas touchée par le virus. Quoi qu’il en soit, c’est un exercice grandeur nature très positif, qui permet d’éprouver les procédures à tous les niveaux."

Ni inquiet ni effrayé

"Je ne suis ni inquiet ni effrayé; si un cas suspect arrive en Belgique, ce n’est pas une catastrophe. Nous sommes tout à fait capables de le gérer , nous a pour sa part déclaré le Pr Nathan Clumeck, spécialiste des maladies infectieuses au CHU Saint-Pierre. Des cas suspects, il y en aura d’autres, vu que la Belgique est en contact avec l’Afrique, et en particulier avec les trois pays les plus touchés. Cela n’a donc rien d’étonnant. Cela dit, si on monte en puissance et que plusieurs cas se présentent, il faudra avoir une réflexion. Il ne serait pas absurde que l’Hôpital militaire s’implique. L’Ebola est un révélateur de dysfonctionnements, de problèmes. Cela oblige à réfléchir, à définir des stratégies."

Quant à la réunion qui se tiendra ce jeudi à Bruxelles pour discuter notamment d’un éventuel renforcement des mesures de contrôle dans les aéroports, "avec un filet à mailles larges, il y a beaucoup qui passe; à mailles serrées, beaucoup plus est retenu ", nous dit encore le Pr Clumeck. "Cela dit, il y a la réalité biologique qui fait qu’une personne en période d’incubation ne présente pas de fièvre et donc peut passer à travers les mailles du filet. C’est le grand bémol. De même, si quelqu’un a eu un contact avec une personne infectée et ne le déclare pas, nous n’avons aucun moyen pour le dépister. Tout contrôle a donc ses limites."


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