L'enseignement catholique fulmine: "Le gouvernement pousse le bouchon trop loin!"

La décision du gouvernement de permettre à l'avenir aux écoles d'utiliser une partie des frais de fonctionnement pour embaucher également des enseignants mécontente vivement le SeGEC.

L'enseignement catholique fulmine: "Le gouvernement pousse le bouchon trop loin!"
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Le Secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC) a exprimé lundi après-midi son vif mécontentement après l'adoption par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de son budget 2015 qui prévoit quelque 140 millions d'euros d'économies, en partie dans l'enseignement.

Principale mesure dans le collimateur: la décision du gouvernement de permettre à l'avenir aux écoles d'utiliser une partie des frais de fonctionnement (alloués pour le chauffage, l'électricité, l'entretien ou le personnel ouvrier) pour embaucher également des enseignants.

"Le gouvernement pousse le bouchon trop loin! ", a réagi lundi le SeGEC qui demande à l'exécutif de "revoir sa copie".

"A force de taper toujours sur le même clou, le gouvernement risque, à terme, de plonger certaines écoles dans des situations financières inextricables".

Dans un communiqué acide, l'enseignement catholique -- qui forme un jeune sur deux en Fédération -- fusille les mesures d'économies que la ministre de l'Education, la cdH Joëlle Milquet, qualifiait quelques heures plus tôt de "raisonnables et adaptées".

"La majorité vient de décider de rendre possible la prise en charge de personnel enseignant par les subventions de fonctionnement". Or, souligne le SeGEC, la part du budget 'enseignement' affecté en Belgique aux subventions de fonctionnement est "deux fois moins élevée que dans la moyenne des pays de l'Union européenne et de l'OCDE", ce qui risque "d'amplifier une situation déjà très inconfortable".

"Seuls le Mexique, le Portugal et l'Argentine font moins et la participation financière des parents y est beaucoup plus élevée! ", ajoute l'enseignement catholique.

Le SeGEC dénonce dans la foulée l'annonce du recrutement, dès septembre 2015, de 350 enseignants et/ou conseillers pédagogiques "en amputant les subventions de fonctionnement des écoles qui scolarisent les publics en difficulté, et ce pour un montant de 13,2 millions d'Euros par an".

Enfin, l'organisation regrette que le gouvernement ait "à nouveau" reporté la mise en œuvre du décret conseillers en prévention.

"Pour respecter la législation en matière de sécurité et de bien-être à l'école, la Fédération avait, il y a plusieurs années déjà, voté un décret prévoyant le financement de conseillers en prévention de l'enseignement fondamental et secondaire", rappelle-t-elle.


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