Les diplomates belges ne peuvent plus surfer

L’attaque du virus "Snake" ("serpent"), annoncée le 10 mai dernier, a profondément affecté les Affaires étrangères belges. Même neutralisé, il a changé les habitudes de travail de tout le corps diplomatique. Explications.

C. L.
Les diplomates belges ne peuvent plus surfer
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Le virus Snake ("serpent") a profondément affecté les Affaires étrangères belges. Même neutralisé, il a changé les habitudes de travail de tout le corps diplomatique. (>>>Tous les détails sur ce virus et ses dégâts en Belgique ici<<<)

Il y a peu encore, les diplomates ne pouvaient plus consulter leurs mails professionnels sur leurs smartphones ou tablettes. Cette fonction a été rétablie récemment (sauf pour les anciens modèles de smartphones).

En revanche, les diplomates ne peuvent plus surfer sur le Net comme ils l’entendent. "Cela nous gêne ", dit l’un d’eux. " Chaque fois qu’on veut aller sur le site d’une commune par exemple ou d’une organisation quelconque, pour vérifier le curriculum d’un interlocuteur, l’accès est bloqué. C’est la panique au département. On est obligé d’utiliser un autre ordinateur, privé, et de passer par un opérateur public ."

Le service IT du département a en effet changé sa tactique. Auparavant, il travaillait sur une liste noire de sites interdits à la consultation. Aujourd’hui, il n’autorise la consultation des sites que s’ils se trouvent sur une liste blanche. Les diplomates peuvent demander d’ajouter un site sur cette liste autorisée.

L’attaque du virus "Snake", annoncée le 10 mai dernier, avait entraîné la mise en quarantaine de l’ensemble du réseau informatique du SPF Affaires étrangères, soit les ordinateurs de plus de 3 100 diplomates et collaborateurs de l’administration centrale à Bruxelles et des ambassades.

Début août, le département affirmait que l’accès au réseau était rétabli. A la fin du mois, le ministre Didier Reynders précisait à "La Libre" que des coupures avaient encore lieu pendant la nuit " pour procéder aux vérifications et aux nettoyages nécessaires ".

Une plainte a été déposée auprès du parquet fédéral. L’enquête a été confiée à la Computer Crime Unit (RCCU) bruxelloise de la police fédérale. Elle est "toujours ouverte" et " personne n’a été inculpé ", précise le parquet.