La Wallonie se retourne sur ses tombes

300 fossoyeurs ont été formés par la Région. " Les communes commencent à se rendre compte qu’elles ne peuvent plus envoyer dans leurs cimetières des gens sous-qualifiés."

Cimetière d' Ixelles - fossoyeurs - tombes - concessions - enterrement
Cimetière d' Ixelles - fossoyeurs - tombes - concessions - enterrement ©Christophe Bortels
S.Ta.

Cinquante ont été diplômés en septembre de cette année.

Xavier Deflorenne, un passionné de patrimoine funéraire, occupe depuis plus de dix ans une fonction de conseil en la matière auprès de la Région wallonne. Il a activement participé à la mise en place des décrets cimetières de 2009 et 2014 en Wallonie. Des décrets qui commencent à percoler au niveau des 262 communes du sud du pays. "Je constate une augmentation des demandes communales pour une aide à la gestion des cimetières. Je constate également une augmentation des plaintes de familles qui dénoncent la mauvaise gestion par une commune d’un cimetière. De plus en plus de communes créent des ossuaires ou rénovent leur réglementation en la matière. Et les communes qui ne veulent pas mettre en application les deux décrets se reconnaissent comme réfractaires."

Des lieux de vie

Les communes sont en effet responsables de "ces lieux de vie", comme le dit Xavier Deflorenne sans malice aucune. Il constate encore une amélioration notable dans la gestion des cimetières wallons. "On est en train de professionnaliser à nouveau la fonction de fossoyeur via notamment une formation que j’ai donnée sur ce sujet à l’IPW (NdlR : Institut du patrimoine wallon). Ce premier module qui dure trois jours est obligatoire pour accéder aux cinq autres qui durent entre un et trois jours."

Des modules qui permettent aux futurs fossoyeurs de se former à la gestion relationnelle, à la sécurité dans leur métier ou encore à l’exhumation. "Les communes commencent à se rendre compte qu’elles ne peuvent plus envoyer dans leurs cimetières des gens sous-qualifiés. En septembre, nous avons eu le plaisir de diplômer cinquante fossoyeurs. Depuis 2001, ils sont près de 300 à avoir suivi une formation. Par le passé, les communes ont détricoté la fonction et le savoir-faire ne s’est plus transmis", poursuit le "M. Cimetière" de la Région wallonne.

La gestion des cimetières devient donc réellement une compétence importante pour les municipalités : "En France, dans certains cimetières urbains, on voit même des ingénieurs qui sont engagés. C’est un mouvement qui se généralise."

Xavier Deflorenne intervient souvent dans les communes pour des problèmes de saturation des cimetières ou parce que l’endroit se détériore fortement : "Je m’arrange toujours pour trouver une solution. Bien souvent, ces problèmes sont dus à un manque de gestion."



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