Charles Michel rassure Angela Merkel sur la stabilité de la Belgique

M. Michel s'est rendu à Berlin, pour la quatrième visite à un pays voisin depuis son entrée en fonction début octobre.

BELGA

Le nouveau gouvernement belge a fait des choix clairs en matière de réformes économiques structurelles et ne s'occupera pas d'une nouvelle réforme de l'Etat au cours des cinq prochaines années. En d'autres termes, la Belgique est un pays stable, a indiqué en substance vendredi le Premier ministre Charles Michel à la chancelière allemande Angela Merkel lors d'un entretien de plus d'une heure à Berlin. La chancelière a pour sa part exprimé sa confiance dans le gouvernement Michel et dans son programme de réformes.

Les deux chefs de gouvernement s'étaient déjà rencontrés le 28 octobre dernier à Ypres en marge d'une commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale. Mais vendredi, M. Michel s'est rendu à Berlin, pour la quatrième visite à un pays voisin depuis son entrée en fonction début octobre.

Leur entretien a notamment porté sur l'économie et l'Europe, mais aussi sur la situation internationale, en Ukraine et en Afrique de l'ouest et centrale principalement.

"Nous consacrons notre énergie à renforcer l'économie", a affirmé M. Michel lors d'une conférence de presse conjointe avec Mme Merkel.

Mais ces profondes réformes ne mettront en cause la cohésion sociale, a-t-il assuré.

"La Belgique est une économie ouverte, qui est étroitement liée à la situation économique et sociale en Allemagne", a souligné le Premier ministre.

Les deux dirigeants ont discuté concrètement des réformes des pensions, de la politique de concurrence et du marché du travail en Belgique.

"Je souhaite au gouvernement belge beaucoup de succès dans la réalisation des réformes", a dit Mme Merkel, en exprimant sa confiance dans la nouvelle équipe. Elle a toutefois refusé de se prononcer sur des dossiers concrets, comme le saut d'index décidé par la nouvelle équipe gouvernementale. Elle a rappelé que l'Allemagne avait elle aussi entreprise des réformes.

Tant Mme Merkel que M. Michel ont reconnu que la Belgique et l'Allemagne était d'importants partenaires économiques.

La chancelière s'est déclaré convaincue qu'elle pourra pleinement coopérer avec son nouvel homologue belge.

Ils ont également abordé le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP), actuellement en cours de négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis.

"Il est important qu'il n'y ait pas de malentendu", a souligné M. Michel.

Les deux chefs de gouvernement ont aussi parlé du plan d'investissements de 300 milliards d'euros, que la Commission européenne doit présenter la semaine prochaine. Il sera examiné lors du prochain sommet européen, les 18 et 19 décembre prochains.

L'Allemagne et la Belgique estiment toutes deux que la priorité dans le choix des projets bénéficiant d'un soutien européen doit aller à ceux qui créent des emplois.

Avant de se rendre à la chancellerie, M. Michel avait visité vendredi matin le mémorial du Mur de Berlin, situé Bernauer Strasse.

L'Allemagne vient de commémorer le 25ème anniversaire de la chute du Mur, qui a permis sa réunification en 1990. "J'avais 13 ans quand cela s'est produit et j'ai immédiatement réalisé que c'était quelque chose d'important", a-t-il dit. "C'était la victoire des droits fondamentaux et des libertés", a-t-il ajouté.

Berlin était la quatrième étape de la tournée des capitales des pays voisins entreprise par le chef du gouvernement fédéral. Il a déjà rencontré ses homologues néerlandais et luxembourgeois, Mark Rutte et Xavier Bettel à La Haye et Luxembourg ainsi que le président français François Hollande à Paris.


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