Comeos demande au SETCa le licenciement de Raymonde Le Lepvrier

La secrétaire régionale du SETca Namur avait lancé des vêtements à travers un magasin namurois pour obliger la gérante à fermer boutique. Une pétition a également été lancée sur internet. Réaction du syndicat.

Comeos demande au SETCa le licenciement de Raymonde Le Lepvrier
©Printscreen Dailymotion / Vincent Lorent
BELGA

Comeos, la fédération du commerce et des services, réclame au syndicat SETCa le licenciement de Raymonde Le Lepvrier, secrétaire régionale du SETca Namur, car elle juge inacceptable le comportement de cette dernière durant la grève nationale de ce lundi (Lire ici notre humeur).

L'intéressée avait lancé des vêtements à travers un magasin de la rue de Fer à Namur pour obliger la gérante à fermer boutique. L'incident a été filmé et largement diffusé dans les médias. Lors d'un échange verbal houleux, Raymonde Le Lepvrier avait dit à la gérante que ce n'était pas correct par rapport aux autres d'ouvrir son magasin et avait lancé plusieurs vêtements à travers la boutique.


La gérante, qui souhaitait que son droit de travailler soit respecté, avait été contrainte de fermer et a décidé de porter plainte.

Le patron de Comeos, Dominique Michel, est favorable au droit de grève, mais il estime qu'il "ne peut en aucun cas justifier de telles menaces, pressions et intimidations (verbales ou physiques)". Comeos a donc envoyé une lettre au syndicat demandant le licenciement immédiat de Raymonde Le Lepvrier.

SETCa: Evènement "monté en épingle"

De son côté, le SETCa indique que "l'attention doit se porter sur le vrai message de cette journée de grève nationale" et pas sur l'incident qui a impliqué Raymonde Le Lepvrier. Le syndicat ne s'exprime pas sur son licenciement sollicité par Comeos. Le SETCa déplore les conséquences du comportement de la syndicaliste mais précise qu'il s'agit d'un cas isolé.

"La sélection d'images diffusées reflète une situation et des pratiques inhabituelles pour le SETCa. Cette vidéo, sortie de son contexte, laisse entrevoir une image peu positive de la grève et du syndicat", regrette le SETCa. "Divers propos et réactions très durs ne cessent de se multiplier dans la presse ou sur les réseaux sociaux", ajoute-t-il. Pour le SETCa, cet événement "monté en épingle" ne reflète pas le succès de la grève et en dénature le message principal.

Le SETCa rappelle qu'il privilégie toujours l'information et le dialogue pour conscientiser les travailleurs à l'importance des actions syndicales. Il rappelle que beaucoup de militants et de travailleurs ont également fait l'objet d'agressions physiques et/ou verbales parce qu'ils exerçaient leur droit de grève.

Les internautes se prononcent

Les internautes se sont déchaînés sur la toile à propos de Raymonde Le Lepvrier et son numéro de téléphone a été diffusé, si bien qu'elle était injoignable sur son GSM mardi. Une pétition a été lancée sur la toile pour exiger une sanction. Vers 18h ce lundi, plus de 11.300 personnes avaient signé cette pétition en ligne.




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