Les CPAS ont vécu un premier jour de l’an plutôt calme malgré la limitation du chômage

Mais les personnes en fin de droit pourraient venir au compte-gouttes.

Xavier Ducarme
Les CPAS ont vécu un premier jour de l’an plutôt calme malgré la limitation du chômage
©Photo news

Le 1 er janvier 2011, le gouvernement fédéral limitait à trois ans le bénéfice de l’allocation d’insertion jusque-là attribuée sans limitation de temps. C’est le fruit d’un compromis. Les libéraux flamands voulaient une limitation dans le temps des allocations de chômage. Les socialistes s’y opposaient. Le gouvernement a coupé la poire en deux : pas de limitation dans le temps pour les allocations de chômage, mais bien pour les allocations d’attente attribuées aux demandeurs d’emploi n’ayant pas ou pas suffisamment travaillé.

Trois ans se sont écoulés. Dans les CPAS, c’est la panique. On s’apprête à faire face à l’arrivée de milliers de personnes qui, dès ce 1er janvier 2015, perdront leur allocation d’insertion. Mais en travaillant à l’aveugle. "On ne sait pas combien de personnes se tourneront vers nous", expliquait la semaine dernière Claude Emonts (PS), le président de la Fédération des CPAS de Wallonie. On aura une idée un peu plus exacte à partir de lundi".

Il faudra cependant attendre encore un peu. Ce lundi, premier jour d’ouverture véritable de l’année pour les CPAS, il n’y a en tout cas pas eu de ruée. A Neupré, dans la province de Liège, ce fut même le calme plat. Pas une seule demande de revenu d’intégration durant la journée. "Neupré, comme le rappelle le président du CPAS local Jean-Pascal D’Inverno (CDH), n’est cependant pas en première ligne". D’après les estimations, seules 20 personnes domiciliées à Neupré sont susceptibles d’être concernées par la mesure.

Une seule inscription

Gembloux non plus n’a pas connu de raz-de-marée. "J’étais dans l’inconnu, confie Martine Minet-Dupuis (MR), présidente du CPAS. J’étais un peu inquiète. Quand je suis arrivée lundi matin, à 8h30, je m’attendais à voir une file. Mais durant la matinée, une seule personne, exclue du droit à une allocation d’insertion, s’est présentée au CPAS".

A Gembloux, les estimations du Forem en décembre faisaient état de 141 personnes potentiellement touchées par la mesure. Mais combien d’entre elles viendront réellement demander l’aide du CPAS ? L’inconnue demeure. "Une chose m’avait fort interpellée, poursuit Martine Dupuis. A la mi-décembre, nous avions organisé une séance d’information, à la demande de la CSC, pour expliquer les démarches à suivre. Bizarrement, personne n’est venu. La période n’était peut-être pas idéale pour contacter personnellement les gens. Mais quand même".

Anticipation

A l’évidence, les grandes villes sont davantage touchées. "Ce lundi matin, il y a eu 9 demandes d’un revenu d’intégration, explique Dominique Decoux (Ecolo), la présidente du CPAS de Schaerbeek. Dont 7 venant de personnes en fin de droit. C’est beaucoup. Si en une matinée, on en a 7, à ce rythme-là, on arrive à 70 à la fin de la semaine". Ce qui fait quand même encore loin des estimations, qui font état de 500 personnes exclues du chômage susceptibles de demander de l’aide au CPAS de Schaerbeek.

A Charleroi aussi, on reste dans le flou. Mais on n’est pas pris au dépourvu. "Cela fait un mois et demi que nous travaillons là-dessus, explique Eric Massin (PS), le président du CPAS. Une cellule a été mise en place. Cette cellule, la cellule ‘Tempo’, est chargée d’accueillir les personnes en fin de droit. Elle a déjà fixé rendez-vous à 250 demandeurs du revenu d’intégration sociale, et 200 autres rendez-vous sont en passe d’être pris. Nous allons donc voir près de 500 personnes durant les 10 prochains jours. Mais nous pensons en avoir encore autant au mois de février".

Un flou persistant

On ne peut tirer aucun enseignement de cette première journée. Des gens ne réagiront sans doute qu’en février après avoir constaté que leur allocation n’a pas été versée fin janvier. D’autres encore viendront s’inscrire plus tard dans l’année car ils ont pu obtenir un petit délai. D’autres encore ont pu trouver un emploi. Ce qui laisse les CPAS avec leurs doutes pour quelque temps encore.