L'interné Van Den Bleeken qui réclame l'euthanasie: son avocat "obligé de se taire"

Interné depuis près de 30 ans pour plusieurs délits à caractère sexuel et le meurtre d'une jeune fille, Frank Van Den Bleeken, 51 ans, sera euthanasié dimanche 11 janvier, selon un journal flamand. La Libre a contacté son avocat.

An.H. et Belga
L'interné Van Den Bleeken qui réclame l'euthanasie: son avocat "obligé de se taire"
©Photo News

Interné depuis près de 30 ans pour plusieurs délits à caractère sexuel et le meurtre d'une jeune fille, Frank Van Den Bleeken, 51 ans, sera euthanasié dimanche 11 janvier, affirmait samedi "De Morgen". Selon le quotidien flamand, l'homme devrait être transféré vendredi de l'aile psychiatrique de la prison de Turnhout vers le quartier médicalisé de la prison de Bruges, où un médecin devrait procéder à l'acte euthanasique deux jours plus tard.

Contacté lundi, l'avocat de l'interné, Me Jos Van der Velpen refuse de donner la moindre information. "Je suis obligé de me taire. Je ne peux faire aucune déclaration. Je dois respecter le secret médical et le secret professionnel. Je l'ai promis à mon client et à sa famille. Personne ne peut communiquer concernant ce dossier", nous a déclaré l'avocat anversois.

Au cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), on répétait lundi ce qu'on disait déjà dimanche: aucun commentaire.

"L'Etat belge semble promouvoir une forme de peine de mort déguisée"

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) s'est insurgé lundi dans un communiqué contre le silence de l'Etat belge face aux demandes d'euthanasie introduites par plusieurs internés, pointant du doigt le cas Frank Van Den Bleeken. Sa demande d'euthanasie a été suivie d'une quinzaine de requêtes similaires par d'autres internés, faisant tous écho du même désespoir, indique l'ONG. La Ligue des droits de l'Homme rappelle que Frank Van Den Bleeken avait engagé, à titre principal, une procédure afin d'obtenir une place dans un centre spécialisé aux Pays-Bas et que l'euthanasie n'était envisagée que si cette demande n'était pas rencontrée. "L'affaire s'est soldée en appel par un accord entre le demandeur et le ministère de la Justice qui a accepté que l'interné soit transféré vers un hôpital afin d'y être euthanasié", déplore l'ONG.

Si la Ligue des droits de l'Homme ne remet pas en cause le principe du droit à l'euthanasie, elle considère que la demande d'euthanasie de Frank Van Den Bleeken est "le résultat direct des manquements de l'Etat Belge à son obligation de prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux". "En désinvestissant les infrastructures de soins pour internés, l'Etat belge semble ainsi promouvoir une forme de peine de mort déguisée", estime l'ONG.

La LDH rappelle que la Belgique a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l'Homme en raison de l'état des structures de défense sociale relevant de la Justice. "En reportant sans cesse une réponse structurelle qui est de la plus haute urgence et en ne remédiant pas à ses propres carences, l'Etat belge manque chaque jour à ses obligations de base en matière de respect des droits fondamentaux", conclut la Ligue des droits de l'Homme.

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