Charlie Hebdo: des rassemblements organisés en Belgique, plus de 100.000 personnes en France

Comme c'est le cas chez nos voisins français et à Paris, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans le pays pour rendre hommage aux victimes de l'attentat du 10, rue Nicolas Appert.

Charlie Hebdo: des rassemblements organisés en Belgique, plus de 100.000 personnes en France
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Rédaction en ligne et Agences

Comme chez nos voisins français, plusieurs rassemblements se préparent dans le pays pour rendre hommage aux victimes de l'attentat du 10, rue Nicolas Appert. En France, la tenue de ces manifestations a été tenu en suspens plusieurs heures, car les rassemblements citoyens étaient interdits par le plan Vigipirate, activé à son niveau le plus haut en raison de la menace terroriste.

Plus de 200 personnes au consulat de France à Bruxelles :

Plus de 200 personnes se sont rassemblées mercredi de 18h00 à 18h30 devant le consulat de France à Bruxelles pour défendre la liberté d'expression à la suite de l'attentat terroriste perpétré au siège de Charlie Hebdo, ont fait savoir les organisateurs de l'évènement. Douze bougies ont été allumées au nom des 12 victimes de l'attaque. Les manifestants portaient des affiches noires où était inscrit "Je suis Charlie". La couverture de Charlie Hebdo portant une caricature d'un imam sous le titre "L'amour plus fort que la haine" était également brandie. Plusieurs personnalités politiques étaient présentes, notamment des élus d'Ecolo, du PS et du PTB.

Cécilia Gondard, conseillère consulaire pour les Français de Belgique à l'initiative du mouvement, explique que ce rassemblement silencieux rallié par de nombreux Belges vise en premier lieu la communauté française en Belgique : "Le débat est une tradition politique en France et la liberté d'expression est à la base de la démocratie. On a le droit de tout critiquer, y compris les religions. J'espère que d'autres prendront le relai. La mobilisation citoyenne partout en France montre que beaucoup sont prêts à défendre la liberté d'expression".

En référence à la visite du journaliste français Eric Zemmour à Bruxelles ou aux manifestations contre les musulmans en Allemagne, Catherine De France, documentaliste de presse française travaillant en Belgique, a fait part de ses craintes : "C'est toute une profession qui est bouleversée. Ce qui me fait peur, c'est l'amalgame, c'est que des communautés soient montées les unes contre les autres, et notamment contre les musulmans. Il faut rester sereins et tolérants."

Les manifestants ont ensuite rejoint à 18h30 le rassemblement organisé devant le parlement européen, qui compte selon la police entre 800 et 1.000 personnes.


Plus de 200 personnes à Liège :

A l'initiative de citoyens sur Facebook, un rassemblement a été organisé mercredi dès 18h00 à Liège, en mémoire des victimes de l'attaque perpétrée dans la rédaction de Charlie Hebdo. Plus de 200 personnes ont fait le déplacement pour condamner pacifiquement cet attentat. Beaucoup de journalistes étaient présents sur la place du Marché, à côté du Perron à Liège, mais aussi des personnalités politiques. Comme le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine, le député-bourgmestre de Liège Willy Demeyer, ou encore les députés Raoul Hedebouw et Muriel Gerkens. Mais la foule était surtout constituée de citoyens anonymes, choqués par les attentats menés mercredi à la rédaction de Charlie Hebdo à Paris.

"Je discutais des évènements sur Facebook avec un ami, et je lui disais que si j'étais Parisienne, je me serais rendue au rassemblement organisé là-bas. C'est de là qu'est née cette idée de veillée", explique Anne-Sophie Vanhanne, l'une des deux personnes à l'origine de cette initiative née sur les réseaux sociaux.

Lors du rassemblement, quelques personnes ont pris la parole. Parmi elles, la cartooniste Cécile Bertrand, qui a longtemps travaillé pour La Libre. "Je ne suis malheureusement pas tellement étonnée de ce qui s'est passé aujourd'hui, car la rédaction de Charlie Hebdo avait déjà été la cible d'un attentat en 2011", a-t-elle déclaré. "A l'époque, cela m'avait déjà fait peur. Avec Internet, les dessins sont diffusés très rapidement partout et on se dit qu'on peut faire du mal à des gens sans le savoir. Ce qui s'est passé aujourd'hui remet peut-être une couche supplémentaire qui va empêcher les gens de dire ce qu'ils pensent".


Ailleurs :

- 19 heures : rassemblement sur la Grand-Place de Tournai.

- Jeudi 8 janvier : 8 heures 30 sur la place de l'Université à Louvain-la-Neuve.


100.000 personnes en France

Selon l'AFP, plus de 100.000 personnes dans les rues en France en hommage aux victimes de Charlie Hebdo dans l'hexagone.

A Paris, des dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées mercredi en fin d'après-midi, en hommage aux victimes de l'attentat sanglant contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, selon une source policière.

La place de la République était noire de monde, la circulation était coupée, tandis que des gens continuaient d'affluer, ont constaté des journalistes de l'AFP peu avant 18H30 (17h30 GMT).

A l'appel de plusieurs syndicats, associations, médias et partis politiques, les participants se sont réunis sur la place de la République, au coeur de la capitale française, non loin du siège du journal, pour dénoncer cet attentat, le plus meurtrier en France depuis la guerre d'Algérie.

Dans la foule compacte et silencieuse, beaucoup arboraient un autocollant noir ou une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Je suis Charlie", un slogan de solidarité envers les victimes qui circule également sur Twitter. Certains se recueillaient, une bougie à la main.

Sur les pancartes, figurait également "Charb mort libre", hommage à Charb, dessinateur et directeur de Charlie Hebdo, mort à 47 ans dans la la tuerie avec trois caricaturistes vedettes de la publication, Cabu, Tignous et Wolinski, tous très connus en France.

"C'est dramatique que ces gens soient assassinés. Demain, les gens ne pourront plus parler. Nous devons être des milliers à sortir dans la rue", a déclaré à l'AFP Béatrice Cano, une manifestante d'une cinquantaine d'années qui arborait le dernier numéro de Charlie, publié mercredi.

"La liberté de la presse n'a pas de prix", soulignait une autre pancarte.

Au cri d'"Allah Akbar !", des hommes armés ont attaqué mercredi à Paris les locaux de Charlie Hebdo, tuant de sang-froid 12 personnes, dont des figures emblématiques de la rédaction de ce symbole de la liberté d'expression, déjà menacé pour des caricatures de Mahomet.

Ce carnage, d'une "exceptionnelle barbarie", selon le président français François Hollande, a soulevé une vague d'indignation à travers le monde.

... Et dans le reste de la France

Ils étaient également plus de 10.000 à Lyon à scander "Charlie", et 10.000 à Toulouse, ville de Bernard Maris, économiste de gauche tué dans l'attentat. Sous les fenêtres de l'hôtel de ville, Patrick et son fils Eliott distribuaient des copies d'un tract "Je suis Charlie". "J'ai pleuré tout l'après-midi à mon bureau", admet le père, architecte de 50 ans. "Cabu, c'était comme un petit papa à moi. Nos enfants, on leur lègue ce monde qui est dur, j'ai mal, j'ai honte".

5.000 personnes étaient réunies à Grenoble, entre 13.000 à 15.000 à Rennes, 2.500 personnes à Metz, et plusieurs milliers à Marseille, où Didier, qui tient un magasin de souvenirs avait "baissé le rideau. Tous ces gens-là, comme Cabu, m?ont donné envie de voir les choses autrement, j'aimerais que Charlie vive".

sA Nantes, environ 5.000 personnes ont afflué au c?ur de la ville, en présence de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ils étaient aussi plus de 2.000 à Dijon, et plusieurs centaines à Besançon. "Je les connaissais tous, Tignous était un ami personnel, c'est lui qui m'a fait rentrer dans le métier", a confié à l'AFP le dessinateur bisontin Bauer, très ému.

Des rassemblements ont également eu lieu à Nancy, Montpellier, Nice, Strasbourg, Angoulême, Bordeaux, Limoges, Poitiers ou encore Agen.


Rassemblements à Berlin, Londres, Madrid...

Environ 500 personnes, selon la police, se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi devant l'ambassade de France à Berlin. L'appel avait été lancé quelques heures plus tôt via les réseaux sociaux.

Devant l'ambassade, située près de la Porte de Brandebourg, dans le centre de Berlin, beaucoup de manifestants étaient munies de bougies, brandissant des pancartes proclamant "je suis Charlie" ou d'anciennes Unes de Charlie Hebdo, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans la foule, un groupe d'Allemands a scandé en français : "vive la liberté de la presse, vive la caricature", tandis que d'autre tenaient une pancarte indiquant : "l'Europe unie dans la solidarité".

A Trafalgar square, en plein coeur de Londres, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, visages graves, dont de nombreux Français. Beaucoup avaient apporté avec eux des pancartes "je suis Charlie" ou affichaient le message sur l'écran de leur téléphone portable.

A Madrid, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant l'ambassade de France, en présence de l'ambassadeur Jérôme Bonnafont. Scandant "Liberté d'expression, Liberté d'expression" ou encore "Nous sommes tous Charlie", ils ont ensuite entonné la Marseillaise devant un drapeau bleu-blanc-rouge.

Plusieurs responsables politiques, parmi lesquels l'ex-président socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, étaient venus témoigner leur soutien.

Dans la manifestation, beaucoup de Français mais également des Espagnols venus exprimer leur solidarité, comme Natalia Prieto, Espagnole de 27 ans : "Je suis là parce que je pense que face à la barbarie, c'est la liberté d'expression qui doit s'imposer", a-t-elle dit à l'AFP.

En Suisse, des rassemblements de 500 personnes ont eu lieu à Genève et Lausanne. A Berne, ce sont 200 personnes qui ont rendu hommage aux victimes, selon l'agence de presse suisse ATS.

A Vienne, quelque 350 personnes, selon le collectif organisateur, se sont rassemblées en silence devant l'ambassade de France, arborant pour certains des feuilles de papier portant là encore l'inscription "Je suis Charlie". L'ambassadeur de France en Autriche, Pascal Teixeira da Silva, était présent à ce rassemblement.

A La Haye, environ 70 personnes se sont donné rendez-vous sur le Spui, dans le centre-ville, où ils ont allumé des bougies, a constaté une journaliste de l'AFP. Certains agitaient des drapeaux français tandis que d'autres entonnaient "quand on a que l'amour", de Jacques Brel.

A Stockholm, une manifestation a également réuni près de 70 personnes devant l'ambassade de France, dans une ambiance de recueillement, certains munis de fleurs, d'autres de bougies.

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