Milquet veut vaincre le décrochage des profs

La ministre CDH compte en faire une priorité, notamment dans le Pacte pour un enseignement d’excellence.

Milquet veut vaincre le décrochage des profs
©D.R.
Stéphanie Bocart

Si l’on parle très régulièrement du décrochage des élèves, on évoque plus rarement cette problématique lorsqu’elle concerne les enseignants, qui parfois démotivés, découragés, usés, abandonnent la profession. Et pourtant, c’est une réalité !

Une réalité qui inquiète le député Philippe Knaepen (MR), qui a interpellé ce mardi en commission de l’Education la ministre de l’Enseignement obligatoire.

"Il s’agit d’un sujet majeur qui fera l’objet d’une priorité, notamment dans le cadre du travail pour un Pacte pour un enseignement d’excellence, affirme Joëlle Milquet (CDH), puisque toute l’approche est d’améliorer prioritairement à la fois la formation, l’accompagnement, le soutien et les outils pédagogiques des acteurs de l’enseignement, à commencer par les enseignants". Bref, "toute la carrière de l’enseignant, de la formation initiale à la fin de carrière, va être pensée et repensée, avec une volonté de rendre ce métier attractif - c’est une fonction clé de la société -, notamment auprès des élèves qui sortent de l’école (cette année, il y aura déjà une opération de sensibilisation en rhéto) et de le valoriser socialement".

Il est vrai qu’au fil du temps le métier d’enseignant a perdu de son éclat et de son attrait pour susciter de réelles vocations. "Les chiffres d’abandons des jeunes enseignants au cours des cinq premières années sont vraiment préoccupants, commente la ministre. Selon l’avis 111 du Conseil de l’éducation et de la formation (Cef) en 2011, le pourcentage global d’abandons s’élève à 50 % à Bruxelles et 40 % ailleurs". Autres chiffres, mais même constat : selon une étude du Girsef (UCL) de 2013, "en 2006-2011, le taux d’abandons dans les cinq ans suivant l’entrée dans la profession enseignante est de 35,6 %, rapporte Joëlle Milquet. Ce taux grimpe à 44 % dans l’enseignement secondaire et est de 23,5 % dans le fondamental."

Accompagner davantage les jeunes profs

Pour freiner cet exode, la ministre souligne l’importance, avant toute chose, de "valoriser socialement" le métier de professeur, en mettant notamment en exergue le rôle joué par les enseignants en termes de créativité, de compétitivité, d’emplois, etc.

Second levier pour éviter le décrochage des enseignants : la réforme de la formation initiale, portée par le ministre Marcourt (PS), "où il faudra avoir des stages qui commencent beaucoup plus tôt et qui deviennent de plus en plus importants en cours de formation", plaide Mme Milquet.

En début de carrière, "au-delà de la stabilité en terme de statut, qui devra être travaillé , assure-t-elle, le jeune enseignant doit être beaucoup plus accompagné (tutorat, travail d’équipe sur les bonnes pratiques,…)" . Enfin, la ministre souhaite "faciliter l’accès" à des outils pédagogiques, notamment entre les réseaux d’enseignement. A ce titre, elle estime nécessaire de pouvoir proposer "tout de suite" des formations continuées et un accompagnement un peu plus soutenu aux jeunes enseignants. Un dispositif qui devrait être mis en place dès la rentrée 2015. 

Sur le même sujet