Alerte niveau 3, une grande première

Mais "il n’y a pas de raison de céder à la panique", dit le Centre de crise.

Antoine Clevers
Alerte niveau 3, une grande première
©Bauweraerts

Pour la toute première fois en Belgique, le niveau d’alerte de la menace terroriste a été élevé à 3 sur une échelle de 4. Cela signifie "qu’il apparaît que la menace […] est possible et vraisemblable" , selon la classification de l’Ocam (Organe de coordination pour l’analyse de la menace), créé par la loi du 10 juillet 2006.

"Le niveau 3 ne signifie pas que le risque est imminent, contrairement au niveau 4, insiste Benoît Ramacker, porte-parole du Centre de crise du SPF Intérieur. Il n’y a aucune raison de rester calfeutré chez soi ou de céder à la panique. Il vaut mieux agir en citoyen responsable, en évitant par exemple d’alimenter les réseaux sociaux en fausses rumeurs." Mais l’expert n’esquive pas : "Oui, ce qui se passe est exceptionnel parce qu’on parle d’un niveau 3 pour tout le pays." Donc plus uniquement pour les seuls services de police, comme cela avait été annoncé par le parquet fédéral jeudi, dans le courant de la soirée.

"Comme l’a dit le Premier ministre, le niveau 3 a été décidé à titre de précaution , poursuit M. Ramacker. Des conseils ont été envoyés aux zones de police, notamment pour réorienter leurs patrouilles vers certains lieux sensibles." Le Centre de crise refuse toutefois d’en dire davantage pour des raisons évidentes de sécurité.

Saint-Sylvestre 2007-2008

La Commission européenne a indiqué vendredi, lors d’un son traditionnel point presse, qu’elle était "en contact permanent avec les autorités et la police belge" . Si "la Commission n’est pas informée de menaces contre les institutions européennes" , elle a néanmoins relevé son niveau d’alerte à 3 par mesure de précaution, a-t-elle fait savoir. Parmi d’autres, le palais de justice et la SNCB ont aussi confirmé qu’ils avaient procédé à un renforcement de leur sécurité ou de leur vigilance.

Par le passé, des niveaux ciblés d’alerte 3 et 4 ont déjà été décidés. Ce fut par exemple le cas pour toutes les institutions juives (niveau 4) dans la foulée de l’attentat du 24 mai 2014 contre le Musée juif de Bruxelles; ou lorsque le feu d’artifice de la Saint-Sylvestre 2007-2008 à Bruxelles fut annulé (niveau 3) - "il fallait protéger la population" , rappelle le Centre de crise. C’est régulièrement le cas aussi lors de certaines visites d’Etat, dont celle du président américain Barack Obama à Bruxelles en mars 2014, ou pour des sommets internationaux.


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