La gauche de la gauche unie sous le sigle PTB-Go, c’est fini

La LCR tourne la page de son soutien au PTB qui, pour sa part, veut ratisser plus large.

La gauche de la gauche unie sous le sigle PTB-Go, c’est fini
©Belga
Tassin Stéphane

La LCR (Ligue communiste révolutionnaire), petit parti à gauche de la gauche sur l’échiquier politique belge, décidait, il y a un an, d’entrer dans la bagarre électorale au côté du PTB qui montait irrésistiblement dans les sondages en vue des élections du 25 mai denier. Le PC (Parti communiste) et une dizaine de personnalités (universitaires, syndicales, artistiques et autres) ont également rallié cette ouverture au reste de la gauche radicale. Le PTB, devenu PTB-Go le temps de la campagne, bénéficiait alors d’un soutien important et nouveau qui contribua sans doute, en partie, à lui ouvrir les portes des Parlements fédéral et régionaux.

Près de huit mois après les élections, cette alliance a vécu. La LCR a, pour sa part, décidé de tourner la page : "La LCR a fait un choix résolu pour le rassemblement PTB-Go il y a un an. Ce choix était principalement animé par la nécessité d’avancer vers la concrétisation du processus, historique, lancé par la FGTB de Charleroi vers un rassemblement des forces à gauche du PS et d’Ecolo." "Le sentiment que le PTB tournait la page de la gauche d’ouverture, sans faire de bruit, s’est cependant affirmé au fil des mois et malgré nos tentatives de donner suite à l’expérience", explique le parti de tendance trotskiste.

PTB-Go n’était pas un cartel

Au PTB, Raoul Hedebouw précise la vision de son parti : "PTB-Go n’a jamais été un cartel, il n’y avait pas de programme commun. Il s’agissait d’un appel au vote. Nous n’avons jamais pensé qu’un rassemblement de la gauche radicale était la solution. Depuis le mois passé, le PTB rassemble 9 200 adhérents. Nous avons beaucoup de respect pour la LCR et le PC, mais la dynamique n’est pas la même. Nous voulons maintenant tendre la main à la gauche d’Ecolo et du PS qui ne se retrouve plus dans ces partis."

Du côté des signataires de l’appel, non-membres du PTB, les choses vont dans le même sens. "Il était très clair à l’époque que mon engagement était valable le temps de la campagne. Il y a actuellement d’autres initiatives qui naissent dans la société et ma priorité est d’y participer" , explique le journaliste et réalisateur Hugues Le Paige. Anne Morelli, historienne et professeur à l’ULB, ne dit pas autre chose : "J’ai signé avec plaisir car selon moi, c’est ce qu’il y avait de mieux à l’époque." Le PTB avance, comme il le dit, dans cette "nouvelle séquence politique, ouverte le 25 mai 2014" . Une manière de voir les choses qui ne plaît manifestement plus aux alliés d’hier, qui se sentent un peu mis de côté.

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