Victoire de la gauche radicale en Grèce: Marine Le Pen, Mélenchon, le PTB réagissent

Le PTB a salué dimanche soir la victoire du parti de gauche radicale Syriza d'Alexis Tsipras aux élections législatives en Grèce.

Belga
Victoire de la gauche radicale en Grèce: Marine Le Pen, Mélenchon, le PTB réagissent
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Découvrez les nombreuses réactions suite à la victoire du parti Syriza en Grèce.

Marine Le Pen, présidente du Front National, a salué lundi "l'ouverture du procès de l'euro-austérité" avec la victoire de Syriza en Grèce et renouvelé son souhait de sortie de la France de l'Union européenne et de l'espace Schengen pour ne pas en subir les "conséquences".

"Je me réjouis de la gifle démocratique monstrueuse que le peuple grec vient d'administrer à l'Union européenne", a déclaré Mme Le Pen sur RTL après la victoire du parti de gauche à Athènes.

Pour la présidente du parti d'extrême droite, cette victoire est "l'ouverture du procès de l'euro-austérité". "Ceux qui pensent que l'on peut améliorer l'Union européenne se trompent et porteront la responsabilité du temps perdu", a-t-elle assuré.

"Être libre, ce n'est ni de gauche ni de droite. Chacun fera ce qu'il veut de sa liberté. Si les Grecs veulent choisir une politique d'extrême gauche, d'ouverture totale à l'immigration, c'est leur problème. Moi, ce que je ne veux pas, c'est que cela ait des conséquences pour moi. C'est pour cela que je demande la suspension de Schengen", a poursuivi Mme Le Pen.

"Là où Syriza fait une erreur, c'est qu'il pense pouvoir séparer l'euro de l'austérité. Or c'est l'austérité qui est imposée précisément pour sauver l'euro", a estimé l'eurodéputée.

"Le début de la fin de l'euro tient plus aux décisions prises par M. Draghi" (président de la Banque centrale européenne, qui a annoncé un programme de plus de 1.000 milliards d'euros de rachats de dette pour soutenir la zone euro, NDLR). Mais le vote grec "y contribue. En tout cas, cela permet le débat. On débat de la politique d'austérité", a-t-elle dit.


Pour le PTB, "un vent nouveau se lève en Europe"

"Six ans après l'éclatement de la crise et après quatre années de mémorandums injustes de la Troïka, les Grecs ont tourné le dos à la politique d'austérité. Aujourd'hui, c'est un vent nouveau qui se lève en Grèce pour toute l''Europe; espérons qu'il touche et inspire de plus en plus de gens sur notre continent", a réagi le parti travailliste.

Pour Peter Mertens, le président du parti de gauche radicale, "on ne peut voir nulle part ailleurs mieux qu'en Grèce à quel point la voie de l'austérité de la Commission européenne est une totale impasse". Il constate et déplore qu'en quatre ans de mémorandums, un quart de toute la richesse produite a été détruite et qu'un Grec sur trois vit dans la pauvreté.

"Les Grecs n'ont pas voté contre l'Europe, ils ont voté pour une autre Europe, une Europe qui répond aux besoins sociaux, qui investit et crée de l'emploi, qui instaure la justice fiscale et qui établit un réaménagement de la dette", estime Peter Mertens.

Le PTB ne peut qu'"espérer que la mobilisation des Grecs se maintienne afin de pouvoir exercer la nécessaire contre-pression" et se réjouit de "voir naître à nouveau un projet de gauche porteur d'espoir".


Hollande félicite Tsipras

François Hollande a lui aussi félicité Alexis Tsipras pour la victoire de son parti en Grèce, a indiqué la présidence française dans un communiqué dans la nuit de dimanche à lundi.

Le président de la République a rappelé "l'amitié qui unit la France et la Grèce et fait part à M. Tsipras de sa volonté de poursuivre l'étroite coopération entre nos deux pays, au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans l'esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au coeur des valeurs européennes que nous partageons", a poursuivi le communiqué.


Mélenchon: la "toute puissance arrogante des libéraux" s'est "fracassée en Grèce"

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012, s'est réjoui lundi de ce que la "toute puissance arrogante des libéraux" se soit "fracassée en Grèce" avec la victoire du parti Syriza, grâce à laquelle "l'Europe peut être refondée".

"C'est une journée historique parce que la période que nous avons connue de toute puissance arrogante des libéraux, de leurs soi-disant recettes miracles pour sauver l'économie, s'est fracassée en Grèce. Pour la première fois, c'est un changement radical mais voulu par le peuple, de manière démocratique, pacifique, avec des bulletins de vote et des convictions politiques. C'est admirable", s'est réjoui M. Mélenchon sur France 2.

"On peut penser que par un effet de dominos, l'Europe peut être refondée, réorganisée de manière complétement différente", a-t-il poursuivi.

Au sujet de la dette grecque, la chancelière allemande Angela Merkel doit selon lui "comprendre la réalité. Si elle ne la comprend pas, il lui en cuira". Car "il est plus facile d'étaler une dette, de l'effacer, de l'annuler avec différents procédés techniques que de subir le choc d'un défaut".

Par ailleurs, a-t-il soutenu, "les Allemands doivent 168 milliards d'euros à la Grèce à la valeur actuelle. Parce que les Allemands ont occupé la Grèce et lui ont fait payer des frais d'occupation. Et jamais cette dette n'a été annulée. (...) Les Grecs n'ont envahi personne, ils n'ont tué personne, ils n'ont occupé aucun autre pays. On ne va pas les traiter plus durement que d'autres pays qui ont fait tout cela".

Le dirigeant du Parti de Gauche a reproché à François Hollande d'avoir "menti délibérément" en promettant de renégocier le traité européen en 2012. Il souhaite faire des élections régionales de décembre un "pied d'appel pour mettre en place une nouvelle proposition politique aux Français".

Si "le Front de Gauche a atteint sa limite", "un espace est en train de se dessiner" avec les écologistes. "Le nombre d'endroit où nous avons un accord avec les écologistes est à peu près équivalent au nombre d'endroits où nous n'en avons pas", a-t-il dit.