Concertation sociale: vers de nouvelles grèves?

Selon le président de la FGTB, de nouvelles grèves ne sont pas exclues. Le bureau fédéral de la FGTB se réunira le mardi 3 février et pourrait soumettre un nouveau plan d'actions.

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Concertation sociale: vers de nouvelles grèves?
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De nouvelles grèves ne sont pas exclues, a laissé entendre vendredi soir le président de la FGTB, Rudy De Leeuw, après que le syndicat socialiste eut refusé le projet d'accord dégagé au sein du Groupe des 10, en raison du saut d'index.

Le bureau fédéral de la FGTB se réunira le mardi 3 février et pourrait soumettre un nouveau plan d'actions au comité fédéral du syndicat socialiste, prévu quant à lui le 10 février prochain.

Mais le lancement de nouvelles grèves requiert une majorité de deux tiers au sein du comité fédéral, a rappelé M. De Leeuw lors de l'émission Terzake de la chaîne de télévision flamande VRT.


Le gouvernement va examiner la façon d'appliquer le projet d'accord

Le gouvernement va examiner la façon d'appliquer le projet d'accord au sein du groupe des 10 et formulera une proposition aux partenaires sociaux, a annoncé vendredi le Premier ministre Charles Michel à l'issue d'une réunion avec le groupe des 10. "Nous avons constaté que cinq des six organisations représentées ont marqué leur accord. Pour nous, c'est une avancée positive sur le chemin de la paix sociale", a souligné M. Michel.

Seule la FGTB a refusé de soutenir le projet d'accord en raison du saut d'index. Elle attend de voir la proposition du gouvernement. "On ne claque pas la porte. On ne peut pas s'inscrire dans le compromis proposé par le patronat", a indiqué le secrétaire général du syndicat socialiste, Marc Goblet.

De son côté, la CSC s'est dit satisfaite qu'un projet d'accord ait pu être conclu même si le syndicat chrétien continue à rejeter tout saut d'index. "Le gouvernement a pris l'engagement d'exécuter ce projet d'accord s'il est approuvé", a souligné la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska. Le conseil général du syndicat chrétien doit se prononcer sur le projet d'accord le 10 février.

Sur RTL, Marc Goblet a rappelé que "le front commun n'est pas rompu puisque la CSC et la CGSLB n'acceptent pas le saut d'index".

Le projet d'accord porte sur la marge salariale pour la période 2015-2016, la répartition de l'enveloppe bien-être et la mise en oeuvre du "mini-compromis" conclu mi-décembre sur les mesures de fin de carrière et l'harmonisation des statuts.


"Le coût pour les entreprises sera de 0,6% maximum", dit la FEB

La marge salariale contenue dans le projet d'accord conclu entre les partenaires sociaux, à l'exception de la FGTB, représentera un coût maximum de 0,6% en 2016 pour les entreprises, a assuré l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans, à l'issue d'une rencontre entre le gouvernement et le Groupe des 10. Le projet d'accord porte notamment sur la marge salariale pour la période 2015-2016. Deux enveloppes ont été prévues. La première consiste en une augmentation de 0,5% de la masse salariale en 2016, ce qui peut donner lieu à une augmentation de la rémunération brute de 0,37% pour le travailleur. La seconde enveloppe représente une possibilité de hausse du salaire net de 0,3% via, par exemple, des chèques-repas, ce qui représente une approche indolore pour les employeurs.

In fine, via des déductions fiscales et la suppression d'amendes prévues en cas d'efforts insuffisants des entreprises en matière de formation, "le coût pour les entreprises ne sera pas de 0,8% mais de 0,6% en 2016", a souligné M. Timmermans.

L'administrateur délégué de la FEB a regretté que la FGTB n'ait pas pu se rallier au projet d'accord. "Je lance un appel: réfléchissez, les actions n'ont jamais créé d'emplois ni de valeur ajoutée", a-t-il encore déclaré.