Les "frères chrétiens" unis dans l’ouverture à l’islam

Le patriarche Bartholomée a rencontré le sommet de l’Etat et celui de l’Eglise catholique.

20150130 - BRUSSELS, BELGIUM: Fener Greek Patriarch Bartholomeos pictured after a bilateral meeting between Belgium's Foreign Minister Didier Reynders and Fener Greek Patriarch Bartholomeos, Friday 30 January 2015, at the Egmont Palace in Brussels. BELGA PHOTO ERIC LALMAND
20150130 - BRUSSELS, BELGIUM: Fener Greek Patriarch Bartholomeos pictured after a bilateral meeting between Belgium's Foreign Minister Didier Reynders and Fener Greek Patriarch Bartholomeos, Friday 30 January 2015, at the Egmont Palace in Brussels. BELGA PHOTO ERIC LALMAND ©BELGA
Christian Laporte

Les relations entre catholiques et orthodoxes sont excellentes en Belgique. Certainement depuis un demi-siècle - avec le rapprochement qui a suivi le concile - mais même dès les années 1920 lorsque sous l’impulsion du cardinal Mercier, sœur Hélène (Elisabeth) Capart fut envoyée en Grèce.

Aujourd’hui, le rapprochement est encore plus patent depuis que le métropolite du Benelux, Mgr Athénagoras Peckstadt, est d’origine belge. Ce dernier travaille, il est vrai, de longue date, comme son propre père avant lui, à réunir les deux familles chrétiennes séparées depuis le XIe siècle. Cette proximité s’est encore renforcée à l’occasion de la visite du patriarche œcuménique Bartholomée (photo) à l’invitation de la KU Leuven qui organisait un grand colloque sur Vatican II et l’œcuménisme.

"Une rencontre vitale"

Après avoir été reçu vendredi matin par le Roi puis par le premier ministre Charles Michel et les ministres Reynders et Geens, le leader de l’orthodoxie était l’hôte de la Conférence épiscopale catholique. A l’issue d’un déjeuner fraternel, Bartholomée, entouré du métropolite Athénagoras et de Mgr Bonny, évêque référendaire pour l’œcuménisme, a d’emblée mis l’accent sur "le caractère vital" de leur rencontre.

Qui se joue du reste aussi au plus haut niveau : depuis que le Patriarche a assisté à l’installation du pape François en mars 2013, les deux leaders religieux se sont vus à trois autres reprises. Et eux aussi avaient déjà "reconnu l’importance d’un dialogue constructif avec l’islam".

Il en a, évidemment été question dans toutes les rencontres de Bartholomée. Le responsable de l’orthodoxie mondiale a accepté de préciser sa pensée pour "La Libre" : "Nous sommes évidemment concernés par ce qui se passe dans le monde. En Turquie, où se situe notre siège, il y a deux millions de réfugiés syriens chrétiens mais aussi musulmans. A Istamboul, une importante communauté chrétienne est sous la protection de l’Eglise syrienne et un lieu de culte a même été transformé en havre d’accueil pour les réfugiés. J’ai été les visiter. Ils souffrent beaucoup mais gardent l’espoir."

Bartholomée a aussi confirmé l’importance d’un dialogue interreligieux : "Nous ne devons pas hésiter à nous asseoir autour d’une table d’amour et de dialogue."

Lieux partagés

A l’instar de ce qui passe entre catholiques et orthodoxes chez nous : Johan Bonny et Athénagoras Peckstadt ont insisté sur les préoccupations communes qui passent parfois par des lieux partagés. Au nom d’un même Christ, cela va sans dire…