Remplacement des F-16: De Crem veut hâter l'achat d'un nouvel avion

Pour le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pieter De Crem, le F-35 américain permettra à la Belgique de rester "un petit partenaire fiable" au sein de l'Otan et de l'Union européenne.

Remplacement des F-16: De Crem veut hâter l'achat d'un nouvel avion
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Belga

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pieter De Crem, a rompu lundi une lance en faveur d'une accélération du programme de remplacement des avions de combat F-16, laissant poindre la préférence qu'il avait déjà exprimée en faveur du F-35 américain lorsqu'il était auparavant ministre de la Défense, mais sans impressionner son successeur, Steven Vandeput. Cet achat d'un tel avion, à capacité nucléaire, permettra à la Belgique de rester "un petit partenaire fiable" au sein de l'Otan et de l'Union européenne, a-t-il indiqué lors d'une intervention devant les "journées diplomatiques" qui rassemblent annuellement les chefs des postes diplomatiques belges au Palais d'Egmont à Bruxelles.

Le gouvernement doit veiller à maintenir cette crédibilité au sein de l'Alliance atlantique. "Et le dossier de la succession du F-16 joue un rôle particulièrement important", a ajouté M. De Crem (CD&V) en présence de M. Vandeput qui était l'orateur suivant au programme.

Il a rappelé devant les diplomates qu'il avait été à l'origine du lancement de la procédure de remplacement des F-16 vieillissants en autorisant comme ministre la Défense à adresser en juin dernier une demande d'informations à cinq agences étatiques - deux américaines et trois européennes - susceptibles de fournir un successeur au F-16 au cours de la prochaine décennie.

La décision d'achat est actuellement envisagée pour 2018, M. De Crem évoquant une nouvelle fois le chiffre d'une "quarantaine d'appareils" capables de participer à la dissuasion nucléaire dans le cadre de l'Otan.

Mais, selon M. De Crem, il serait préférable que le gouvernement "hâte le processus".

Tout en se disant favorable au respect des procédures en matière de concurrence, l'ancien ministre a toutefois laissé à nouveau poindre sa préférence en faveur du F-35 Lightning II du groupe américain Lockheed Martin, alias JSF ("Joint Strike Fighter").

"Il est déjà maintenant évident que l'un des candidats dispose d'un avion de combat d'une génération technologique plus récente et supérieure (BIEN: supérieure)" que celle de ses concurrents (le Rafale Français, le F/A-18 Super Hornet américain, le Gripen suédois et l'Eurofighter européen, ndlr), a souligné M. De Crem en mentionnant explicitement le F-35, considéré un chasseur "furtif" de cinquième génération.

L'actuel ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), ne s'est toutefois pas laissé démonter, soulignant qu'il n'avait encore fait "aucun choix" et que "toutes les options restaient ouvertes" entre les cinq appareils après la phase de prospection du marché entamée lorsque M. De Crem était encore en poste à la Défense.

"Chacun est libre d'exprimer ses opinions", a-t-il souligné en notant que M. De Crem s'était exprimé en tant qu'ex-ministre de la Défense et actuel secrétaire d'Etat au Commerce extérieur.

M. De Crem a aussi prévenu des conséquences qu'aurait pour la Belgique le non-respect des engagements pris lors du dernier sommet de l'Otan, au Pays de Galles, en septembre dernier, notamment en matière de dépenses de défense. L'Alliance réclame de ses membres qu'ils mettent fin à la réduction des budgets militaires et qu'ils les portent d'ici 2014 à 2% de leur Produit intérieur brut (PIB), là où la Belgique risque de tomber à 0,5% en termes réels à la fin de la législature à la suite des économies imposées à la Défense.

"Cela aurait des conséquences involontaires pour notre crédibilité au sein de l'Otan mais aussi de l'Union européenne", a-t-il dit alors que la Belgique a l'ambition de jouer un rôle important sur la scène mondiale.

Il a souligné que la candidature de la Belgique comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU pour la période 2019-2020 pourrait aussi être hypothéquée par une défense "qui ne soit pas assez fiable" pour ses partenaires.

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