Anderlecht: le prof de religion islamique a-t-il manipulé des élèves?

Amadou a été tabassé à la sortie de son école d’Anderlecht. Une enquête est en cours.

Annick Hovine
Anderlecht : Mr Alain Faure, directeur de l'Athénee Royal Léonardo Da Vinci, et ses élèves.
Anderlecht : Mr Alain Faure, directeur de l'Athénee Royal Léonardo Da Vinci, et ses élèves. ©© OLIVIER PIRARD

Pourquoi Amadou, un élève de 6 e technique mécanique automobile à l’Athénée royal Leonardo da Vinci, à Anderlecht, s’est-il fait tabasser l’autre mardi à la sortie des cours par une dizaine de jeunes ? L’agression à coups de battes de base-ball a valu à l’adolescent des points de suture sur le crâne et de multiples hématomes.

Suite à cet incident "gravissime", la ministre de l’Education, Joëlle Milquet(CDH) a chargé le préfet coordinateur de zone, Alain Faure, de mener une enquête administrative. On devrait en savoir plus ce mercredi quand M. Faure, qui connaît bien l’athénée anderlechtois dont il a lui-même été préfet, rendra un rapport écrit à la ministre.

Selon la préfète actuelle, Fatiha Ismaïli, l’origine du conflit semblait liée à une rivalité autour d’un tournoi de boxe opposant Amadou à Younès, un élève de sa classe. Mais, selon la "Dernière Heure", qui a dévoilé l’affaire, Amadou affirme avoir été agressé parce qu’il a exprimé sa désapprobation par rapport à l’attaque contre "Charlie Hebdo".

Quelques jours après les tueries de Paris, le professeur d’histoire a improvisé un débat devant la classe de 6e, faisant valoir que des caricatures ne peuvent pas justifier des assassinats. Selon Amadou, Younès, approuvé par les autres, aurait exprimé sa sympathie envers les terroristes, allant jusqu’à dire qu’il aurait volontiers serré la main des frères Kouaichi.

Amadou ne retournera plus à l’Athénée

Quelques jours plus tard, une pétition réclamant la démission du prof d’histoire circulait dans la classe, signée par 18 élèves sur 20; Amadou et un de ses amis étant les seuls à s’abstenir. Est-ce là la raison du tabassage ? Alain Faure restait mardi prudent, tout comme il refusait, à ce stade, de s’engager sur le rôle joué par Yacob Mahi, professeur de religion islamique qui, selon Amadou, aurait été l’instigateur de la pétition. Cet enseignant, qui traîne une réputation sulfureuse, s’était notamment distingué par des propos douteux soutenant les départs de jeunes vers la Syrie.

S’il s’avérait que des adultes ont effectivement manipulé des élèves au sein d’une école de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "ce serait évidemment inacceptable", commentait mardi M. Faure.

Quoi qu’il en soit, Amadou vit terré chez lui depuis une semaine. Il ne retournera pas à l’Athénée. La ministre Milquet a reçu hier sa maman et son frère pour évoquer son changement d’école.


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