Kubla poursuivi pour 20.000 €? "Dérisoire par rapport à la norme"

Dans le "dossier Kubla", il est reproché au bourgmestre de Waterloo, d’avoir donné 20 000 euros à l’épouse d’Adolphe Muzito, Premier ministre de la République démocratique du Congo d’octobre 2008 à mars 2012. Vu la faiblesse de ce montant, " il y a fort à parier que personne ne s’en souvienne côté congolais".

Kubla poursuivi pour 20.000 €? "Dérisoire par rapport à la norme"
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H. Le.

Dans le "dossier Kubla", il est reproché au bourgmestre de Waterloo, d’avoir donné 20 000 euros à l’épouse d’Adolphe Muzito, Premier ministre de la République démocratique du Congo d’octobre 2008 à mars 2012.

Quarante et un mois à la tête d’un Etat qui redécouvrait un pouvoir presque absolu lors de ce premier mandat d’un président Kabila élu au détriment de son ennemi juré Jean-Pierre Bemba.

En 2006, lors de ce premier scrutin présidentiel en RDC, Joseph Kabila est en ballottage favorable après le premier tour. L’homme a fait le plein à l’est du pays. Son adversaire, domine l’ouest. Le troisième homme de cette présidentielle, boycottée par Etienne Tshisekedi, c’est l’autre vétéran de la politique congolaise : Antoine Gizenga à la tête de son parti lumumbiste unifié (Palu). Un parti clairement de gauche, qui possède une assise correcte à Kinshasa et, surtout, un ancrage historique dans la province du Bandundu… à l’ouest.

Gizenga, et ses 80 ans bien sonnés, a bien compris qu’il pouvait devenir "le faiseur de roi" s’il s’associait "au petit", comme on surnommait alors Joseph Kabila. La négociation d’entre deux tours sera rapide. Bien plus rapide que l’organisation de ce second tour.

L’attelage Kabila-Gizenga remporte ce second tour sous haute tension. Pour convoler en justes noces, Gizenga a su négocier. Outre certains avantages en nature, comme la réfection de sa demeure - qui en avait bien besoin - dans la commune de Limete, Gizenga exige le poste de Premier ministre.

Marchandage

Un marchandage de bon aloi, somme toute. Gizenga a 81 ans quand il pénètre dans ses bureaux de chef de gouvernement congolais le 30 décembre 2006. Il restera en fonction près de deux ans. "Deux ans durant lesquels les conseils des ministres étaient insupportablement longs tant le Premier ministre s’endormait régulièrement , se souvient aujourd’hui encore un de ses ministres. Mais il faut laisser à Gizenga qu’il avait une vision pour le pays."

Le 10 octobre 2010, Gizenga jette l’éponge. Usé par le temps. Kabila respecte les accords électoraux et continue d’attribuer le poste de Premier ministre à un membre du Palu. C’est Adolphe Muzito, autre fils du Bandundu, ministre sortant du Budget qui s’y colle. "Avec lui, c’était le début de la descente aux enfers , explique un industriel congolais. En regard du comportement de ce Premier ministre, Mobutu peut passer pour un enfant de chœur soucieux de la dépense publique", ajoute-t-il. "Monsieur 25 %" , explique un autre chef d’entreprise qui énumère les bâtiments construits rien que dans Kinshasa par l’ex-Premier ministre et les affaires dans lesquelles le nom de son épouse a été cité comme "porteuse de valise bien garnie". " Mais vous savez comme les gens sont médisants…"

Muzito abandonnera sa charge après la présidentielle et les législatives de 2011. La victoire - très critiquée et critiquable - de Kabila face à Tshisekedi - dans un scrutin désormais à un tour - permet au président de ne plus devoir composer avec un autre parti. Il peut désigner son propre Premier ministre, le début de l’ère Matata…

"Après Gizenga, il n’y a plus eu de limites. Dans un Etat sans Etat, comme le Congo, c’est le Far West. Si votre bourgmestre est poursuivi pour une enveloppe de 20 000 €, il y a fort à parier que personne ne s’en souvienne côté congolais tant ce montant est dérisoire par rapport à la norme…", conclut notre industriel.

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