Monseigneur Léonard attaqué au civil

Une victime d'un prêtre pédophile l'estime coupable d'une responsabilité quasi délictuelle.

Sarah Rasujew
Monseigneur Léonard attaqué au civil
©bortels

Ce jeudi après-midi, la 20e chambre de la cour d'appel civile de Liège a examiné un dossier introduit par Joël Devillet à l'encontre de Monseigneur Léonard. L'homme estime qu'André Léonard qui représentait l'autorité ecclésiastique entre 1991 et 2010, puisqu'il était évêque de Namur-Luxembourg, avait le devoir de dénoncer les faits de moeurs dont il a été victime et dont Monseigneur Léonard aurait été informé.

Pour rappel, Joël Devillet, a été abusé par l'abbé Hubermont à Aubange alors qu'il était enfant de choeur. Les faits ont débuté en 1987 alors qu'il était âgé de 14 ans et ont perduré jusqu'en 1991. Joël Devillet et Me Marc Kauten, son avocat, accusent Mgr Léonard et son évêché d'avoir fait preuve de passivité. Me Kauten a introduit une procédure devant la cour d'appel. « Nous avons introduit un appel contre deux jugements », indique Me Kauten. « Le premier jugement a débouté Monsieur Devillet quant à son renvoi du séminaire. Il a été renvoyé pour des motifs futiles et sans être auditionné préalablement parce qu'il commençait à gêner et à déranger. On l'a mis dehors sans préavis.

Concernant le 2e jugement, nous réclamons, à Monseigneur Léonard, en sa qualité de supérieur hiérarchique, des dommages et intérêts pour ne pas avoir dénoncé aux autorités judiciaires des faits graves qui étaient des viols et sont considérés comme des crimes par le code pénal. Il en avait le devoir. De ce fait, M. Devillet n'a pas pu être reconnu dans sa qualité de victime.»

Dans ce cadre, le tribunal correctionnel de Arlon a dû constater la prescription des faits d'abus. Mais l'essentiel pour Joël Devillet, ce ne serait pas l'argent. « Le plus important pour mon client est que l'on reconnaisse sa qualité de victime. » Joël Devillet a introduit une action au civil à Namur car il reproche à l'église d'avoir tout fait pour étouffer les faits et le réduire au silence. En 2013, le tribunal civil a déclaré cette plainte non fondée. Joël Devillet a fait appel. Par la voix de Me Marc Kauten, il réclame à Monseigneur Léonard 63.000 € d'indemnités à la suite de l'éviction du séminaire et 20.000 € pour responsabilité quasi délictuelle. Quant à Me Malherbe, l'avocat de Monseigneur Léonard, il plaide la nullité et l'irrecevabilité de l'appel. La décision sera rendue le 23 avril prochain.