Quand Vervoort scie la branche régionale

Son prédécesseur Charles Picqué (PS) avait écrit en son temps à Philippe Moureaux pour l’avertir du dérapage financier que risquait de connaître Molenbeek si rien ne changeait dans sa gestion. Une mise en demeure suivie d’aucun effet. L’actuel chef du gouvernement bruxellois confirme que ce type de courrier ne sert en fait… à rien.

Quand Vervoort scie la branche régionale
©Belga
La rédaction

Comment bander les muscles et faire aveu de faiblesse dans la même interview. Dans "Le Soir" de ce week-end, le ministre-Président bruxellois, Rudi Vervoort (PS), a une nouvelle fois signifié au gouvernement Michel que sa Région contestait les calculs budgétaires fédéraux. "Je ne céderai pas" , lance-t-il. Mais lorsqu’il s’agit de la commune de son père en politique, Philippe Moureaux, le ton est tout autre. Lundi dernier, "La Libre" révélait des documents mettant en lumière la (très) mauvaise gestion financière de Molenbeek durant les années Moureaux. Rien d’inquiétant, à en croire Rudi Vervoort. Qui y voit surtout "un jeu politique local" lié à la personnalité de l’ex-bourgmestre. Pourtant, la Région devra sans doute éponger les pertes de l’entité à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros…

Mais Rudi Vervoort va plus loin. Jusqu’à scier la branche sur laquelle il est assis : la Région bruxelloise. Son prédécesseur Charles Picqué (PS) avait écrit en son temps à Philippe Moureaux pour l’avertir du dérapage financier que risquait de connaître Molenbeek si rien ne changeait dans sa gestion. Une mise en demeure suivie d’aucun effet. L’actuel chef du gouvernement bruxellois confirme que ce type de courrier ne sert en fait… à rien. "Je signe régulièrement des courriers comme ça, à tous les bourgmestres" , lance-t-il. Pourquoi les envoyer alors ? Pourquoi une tutelle régionale ? Pour passer à la caisse lorsque les comptes communaux dérapent. Message bien reçu dans les communes.

Sur le même sujet