Réduction du nombre d’absences injustifiées dans le secondaire

La ministre de l'Education veut un signalement plus précoce du décrochage scolaire. Les élèves du secondaire n’auraient plus droit qu’à neuf demi-journées au lieu de vingt.

THE 400 BLOWS, (aka LES QUATRE CENTS COUPS), Patrick Auffay, Jean-Pierre Leaud, 1959. Copyright: Reporters / Everett
THE 400 BLOWS, (aka LES QUATRE CENTS COUPS), Patrick Auffay, Jean-Pierre Leaud, 1959. Copyright: Reporters / Everett ©Copyright: Reporters / Everett
Lemaire Isabelle

S’il y a du mieux en Wallonie et à Bruxelles sur le front de l’absentéisme scolaire (avec, en 2012, un taux de sortie des 15-22 ans de 5,7 % dans l’enseignement obligatoire, soit 8 791 élèves, contre 7 % en 2006), il reste encore du chemin à parcourir. Dans le cadre de la stratégie de lutte contre l’absentéisme et le décrochage scolaires, Joëlle Milquet, la ministre de l’Education (CDH) a déposé un avant-projet de décret, mercredi. Le texte a été approuvé par le gouvernement en première lecture.

Elle propose tout d’abord que le nombre de demi-journées d’absence non justifiée dans le secondaire soit aligné sur ce qui est permis à l’école primaire, à savoir 9 au lieu de 20 pour les adolescents. "La pratique des 20 demi-journées est délétère : des élèves en usent et en abusent. A 20 demi-jours d’absence, le processus de décrochage scolaire est déjà bien ancré chez l’élève et le ramener à une scolarité régulière et assidue peut, dans certains cas, s’avérer être inefficace" , affirme-t-on au cabinet de la ministre.

Souvent trop tard pour raccrocher le train

Au-delà de ce quota d’absences tolérées, les élèves sont signalés par le chef d’établissement à l’administration. Ils sont alors qualifiés d’élèves libres et font face à une exclusion. "Dans de nombreux cas d’absentéisme, ce signalement intervient beaucoup trop tardivement pour garantir l’efficience des mécanismes d’accrochage scolaire." La ministre préconise un signalement plus précoce qui ne serait pas immédiatement suivi d’une exclusion. L’élève et ses parents seront convoqués par l’école. A défaut de s’y présenter, une visite à domicile avec un agent du PMS, voire avec un médiateur, pourra être organisée. Une proposition de prise en charge spécifique sera formulée. L’élève pourrait être amené à signer un contrat l’engageant à retourner sur les bancs de l’école.

Un relais vers des services d’aide

Du côté de l’administration, une fois avertie du dépassement d’absences autorisées, elle aura la latitude d’orienter le dossier d’absentéisme vers des services comme les équipes mobiles, les médiateurs scolaires, les services d’aide à la jeunesse, et, le cas échéant, le Parquet mais uniquement pour des dossiers "graves" et généralement après une non-évolution ou une non-collaboration des parents. Ces services seraient sollicités en fonction du nombre de jours d’absence de l’élève, de la récidive ou des mentions précisées par le chef d’établissement dans le signalement. "Il s’agit d’actionner les procédures auprès du chef d’établissement et de l’administration en même temps afin que l’élève se retrouve dans le radar plus rapidement" , explique le cabinet.

La ministre a obtenu un budget de 500 000 euros (soit l’équivalent de 20 temps plein) pour renforcer à la rentrée les dispositifs de prise en charge des jeunes en décrochage. Le texte prévoit aussi des collaborations possibles entre les services d’accrochage scolaire et le secteur associatif pour ramener l’élève décrocheur vers l’école.Isabelle Lemaire

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