Examens du CESS: pour les syndicats, "la crédibilité du système est en jeu"

L'annulation de l'épreuve d'histoire de mardi à la suite de la divulgation de la question sur les réseaux sociaux est pour la CSC et la CGSP une "bonne décision" en vue de maintenir l'équité entre les élèves.

Belga
Examens du CESS: pour les syndicats, "la crédibilité du système est en jeu"
©Jean Luc Flemal

L'annulation de l'épreuve d'histoire de mardi à la suite de la divulgation de la question sur les réseaux sociaux est pour la CSC et la CGSP une "bonne décision" en vue de maintenir l'équité entre les élèves. Pour les syndicats, c'est maintenant la crédibilité des épreuves communes externes qui est en jeu. "Pour organiser des épreuves communes externes, il faut tout mettre en œuvre pour empêcher la triche. C'est inquiétant de voir la manière dont on gère cela", indique Raymond Marchand de la CSC Enseignement. Pour lui, la "crédibilité du système" est remise en cause.

"Ce type d'évènements se multiplie et est amplifié par les réseaux sociaux", regrette Pascal Chardome, président de la CGSP Enseignement. "Une épreuve externe doit aller de pair avec un maximum de confidentialité et de discrétion, ainsi qu'avec une rigueur dans la passation et la correction", poursuit-il.

Les deux représentants syndicaux saluent la décision d'annuler l'examen de mardi, soit une partie de l'épreuve d'histoire. "C'est la solution la plus équitable pour les rhétoriciens", note Raymond Marchand.

Du côté des établissements, le Secrétariat général de l'enseignement catholique (Segec) souligne que la ministre de l'Éducation Joëlle Milquet n'avait pas d'autre choix que de supprimer la partie de l'épreuve. "Il s'agit d'un acte inacceptable, la ministre a pris la seule décision qui était à prendre", estime Conrad van de Werve, directeur de la communication du Segec.

Joëlle Milquet a annoncé lundi en fin de journée l'annulation de l'épreuve externe d'histoire sur la compétence 3 - "synthétiser" un thème sur la base de documents remis normalement lors de l'épreuve - dans le cadre des épreuves standardisées auxquelles sont soumis les élèves de sixième année secondaire en vue de l'octroi du Certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS).

Ecolo veut une réunion d'urgence de la commission Education

Par la voix de son chef de groupe au parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, Christos Doulkeridis, Ecolo a demandé lundi soir une réunion d'urgence de la commission Education "à la suite du chaos provoqué par la divulgation de l'ensemble des épreuves de l'examen d'histoire et la décision consécutive de la ministre de l'Education Joëlle Milquet" d'annuler quelques heures avant l'examen l'épreuve externe sur une des compétences du cours d'histoire relative au CESS. "Tous les élèves concernés se retrouvent ce soir sans savoir comment et s'ils vont être évalués demain matin. La ministre a déclaré que l'épreuve du CESS ne concernait qu'une des quatre épreuves de l'examen. Or, il apparaît que certaines écoles n'avaient rien prévu d'autre que l'épreuve du CESS. A 20h, l'ensemble des écoles semblent incapables de répondre à l'interrogation légitime des élèves de savoir ce qui se passera demain matin. Si l'examen est purement et simplement annulé, comment les élèves en échec jusqu'à présent pourront-ils avoir une chance de récupérer leur retard? Si un examen est prévu, sur quoi portera-t-il dès lors que ce qui avait été annoncé dans la plupart des cas est supprimé?", a interrogé l'élu écologiste.

Pour Christos Doulkeridis, cette situation chaotique est totalement choquante pour des milliers d'élèves. La clarté doit être faite le plus rapidement possible. C'est la raison pour laquelle le groupe Ecolo demande une réunion en urgence de la Commission Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour interpeller la ministre sur ce dossier, a-t-il justifié.