Nouvelles fuites pour un examen de néerlandais: "C’est la porte ouverte à tous les recours !", craint le MR

Ce nouveau rebondissement forcera – s’il le fallait encore – la ministre de l'Enseignement à revoir complètement la gestion de toutes les épreuves externes, facultatives ou obligatoires.

Dorian de Meeûs
Nouvelles fuites pour un examen de néerlandais: "C’est la porte ouverte à tous les recours !", craint le MR
©Flemal

Ce lundi, la ministre de l'Enseignement Joëlle Milquet était contrainte d’annuler définitivement l'épreuve externe d'histoire sur la compétence 3 «synthétiser» du CESS, soit une épreuve obligatoire en 6ème secondaire en vue de l'octroi du Certificat d'Enseignement Secondaire Supérieur. La ministre dénonçait "l'irresponsabilité des auteurs de ces fuites".

De bonnes sources, LaLibre.be a reçu des témoignages démontrant que des irrégularités ont également eu lieu lors des épreuves externes – mais non obligatoires – de néerlandais en 4ème secondaire. Là aussi, les questions circulaient discrètement mais largement sur Facebook au sein de groupe de jeunes du même niveau scolaire. Particularité ici, aucun membre de l’administration ou enseignant ne peut être mis en cause, car l’examen a tout simplement déjà été donné dans d’autres écoles.

En d’autres termes, l’absence d'une stricte planification des examens a permis à des élèves d’une école de bénéficier des questions et des réponses communiquées par les élèves d’une autre école ayant déjà passé l’épreuve. Diane X, 16 ans et élève d’une école secondaire bruxelloise, témoigne à LaLibre.be : « C’est dingue, on a juste les mêmes questions que nos amis du Brabant wallon ! Du coup, on étudie uniquement les réponses qu’on a reçues. Il est évident que les enseignants vont se rendre compte qu’on a tous les mêmes réponses, ce n’est pas possible autrement ! ».

En phase de test ? Oui et non...

Même si le cabinet de la ministre Milquet précise ce mardi soir que cet examen est "en phase de test dans seulement 23 écoles", ce nouveau rebondissement forcera – s’il le fallait encore – la ministre de l'Enseignement à revoir complètement la gestion de toutes les épreuves externes, quelles soient facultatives (comme ici) ou obligatoires.

Dans les écoles où cette épreuve est mise en place, c'est le seul examen de fin d'année qui contribue à l'évaluation finale pour le cours de néerlandais. Un test oui, mais surtout une tuile pour les enseignants et élèves...

L'opposition réagit à ce nouveau couac

Françoise Bertieaux (MR) a immédiatement réagi à ces nouvelles fuites en réclamant notamment la mise en place d'une commission spéciale au sein du Parlement de la FWB. Cette Commission aurait pour mission de déterminer "ce qu'il s'est réellement passé au cours de ces derniers jours sur les réseaux sociaux".

La cheffe de groupe MR ajoute: "On ne peut pas annuler épreuve après épreuve, faire des validations à l’emporte-pièce et différentes selon les écoles et banaliser ainsi toute une session parce que ça cafouille à tous les étages! Certains élèves auront donc pu faire leur examen normalement, d’autres seront évalués sur une moyenne du travail scolaire… Ce qui nous donne des certifications à deux vitesses et des élèves qui, comptant sur cette épreuve pour rattraper une moyenne bancale, n’auront dès lors pas l’occasion de démontrer d’éventuels progrès. C’est la porte ouverte à tous les recours !"

Sur le réseau social Twitter, la co-présidente d'Ecolo, Zakia Khattabi regrettait pour sa part ce nouvel épisode en pointant du doigt "une semaine infernale!"