Qui dit vague de chaleur, dit vague d’accidents

Le beau temps fait sortir les usagers, la canicule les rend nerveux et inattentifs.

J.-C.M.

Gros soucis de circulation sur les autoroutes menant à la Côte belge, mercredi. Le plan d’intervention médical a dû être déclenché, après qu’un grave accident, impliquant un poids lourd et une camionnette se fut produit sur l’E40, à hauteur d’Erpe-Mere, en direction de la Côte.

Par ailleurs, en raison d’une grève menée dans le port de Calais, le trafic a été difficile sur l’A18 jusqu’à 17 heures. Cinq accès, entre Jabbeke et la frontière française, près de Furnes, ont été fermés par la police fédérale de la route.

Distribution d’eau

Protection civile et Croix-Rouge sont intervenus pour distribuer de l’eau aux dizaines de conducteurs de camion bloqués avant la frontière.

Pour en revenir à l’accident d’Erpe-Mere, il semble que le chauffeur du camion se soit endormi.

Son véhicule a traversé la berme centrale, entraînant avec lui une camionnette qui roulait dans la même direction. Le chauffeur routier et deux occupants de la camionnette ont été légèrement blessés. Le camion a ensuite pris feu. L’accident a entraîné d’énormes perturbations alors que la chaleur était déjà présente. Le trafic n’est revenu à la normale que vers 16 heures. De l’eau a été distribuée aux naufragés de l’autoroute mais aussi à ceux qui ont emprunté les itinéraires de délestage, eux aussi très encombrés.

Par ailleurs, une centaine d’automobilistes-voyeurs seront sanctionnés pour avoir pris des photos de l’accident avec leur GSM.

Depuis que le beau temps s’est installé, de nombreux accrochages ont été signalés sur le réseau routier. Pour Benoît Godart, de l’Institut pour la sécurité routière (IBSR) la météo estivale a un impact sur le nombre et la gravité des accidents.

1. Le nombre de déplacements augmente. "Par beau temps, et spécialement en période de vacances, les gens ont davantage tendance à sortir leur voiture, leur vélo ou leur moto pour une excursion ou une promenade" , explique Benoît Godart. Le trafic autoroutier est significativement plus élevé en cas de hausse de la température moyenne, confirme un chercheur néerlandais : une hausse de 1°C se traduirait par une augmentation de 1 % du nombre de véhicules enregistrés. Cette augmentation du trafic entraîne mécaniquement une hausse des risques d’accidents. D’après l’IBSR, un jour chaud, sec et plus ensoleillé que d’habitude compte 19 % d’accidents de plus qu’un jour "normal". L’augmentation s’observe pour la grande majorité des modes de déplacement. Par ailleurs, des études européennes font état d’une augmentation de la gravité des accidents lorsqu’il fait chaud. Cela s’expliquerait par une présence plus importante de piétons et de cyclistes sur la route.

2. La chaleur a un impact sur la conduite. D’autres études montrent que de hautes températures dans l’habitacle diminuent la vigilance du conducteur, augmentent son temps de réaction et entraînent des erreurs de conduite. De plus, la chaleur provoque stress et irritabilité dans le chef des conducteurs. En cas de canicule, les nuits peu reposantes et le report des déplacements aux heures les plus fraîches (plus tardives) peuvent également se traduire par un plus grand degré de fatigue.

3. Les bienfaits de l’air conditionné. A l’heure actuelle, la majorité des véhicules sont équipés d’un système d’air conditionné, ce qui rend plus rares les situations de chaleur extrême dans l’habitacle. Mais il faut entretenir régulièrement le dispositif de climatisation. Et s’assurer que la batterie est bien chargée car l’airco la sollicite énormément.

4. D’autres conseils. Les départs en vacances de fin de semaine se feront sous le signe de la canicule. Il s’agit donc, plus que jamais, de contrôler l’état du véhicule. De partir bien reposé. Et de prévoir des réserves d’eau (à mettre au congélateur avant de prendre la route), des jeux pour distraire les enfants (eux aussi sensibles à la chaleur) et de quoi protéger l’habitacle (pare-soleil, etc.). Enfin, scande M. Godart, il sera utile d’écouter les radioguidages, quitte à postposer son départ. Par 25°C, les files, c’est embêtant, mais par 35°C, cela peut très vite tourner au cauchemar.