Les occupants du parc Maximilien bientôt évacués

Le gouvernement, la Ville et les ONG cherchent un accueil "en dur" qui soit viable.

Dirk Van den Bulck commisaire general aux refugies parc maximilien bruxelles
Dirk Van den Bulck commisaire general aux refugies parc maximilien bruxelles ©© BAUWERAERTS Didier
Jean-Claude Matgen

Le gouvernement, la Ville et les ONG cherchent un accueil "en dur" qui soit viable.

Depuis une dizaine de jours, près de 1 000 demandeurs d’asile en attente d’un enregistrement à l’Office des étrangers campent au parc Maximilien, en face de l’Office. Leur nombre ne cesse de croître, selon la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, qui gère le campement.

C’est pour trouver une solution à cette situation que le Premier ministre, Charles Michel (MR), le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS) et des représentants d’ONG et de la plateforme se sont rencontrés samedi.

Évacuation progressive et organisée

A l’issue de leur entrevue, on a appris que des démarches seraient entreprises pour optimiser l’accueil des demandeurs d’asile au premier étage de l’immeuble de bureaux appelé le WTC III, l’objectif étant d’aboutir à une "évacuation progressive et organisée" du parc.

Les travaux associeront la Ville de Bruxelles, le cabinet du Premier ministre, celui du secrétaire d’Etat à l’Asile, Theo Francken (N-VA), et les différents opérateurs (Fedasil, Croix-Rouge, etc.)

Il s’agira d’améliorer les conditions sanitaires, de mieux organiser et contrôler l’accès au bâtiment et de favoriser une certaine intimité des familles. Un accueil 24h sur 24 n’est pas exclu.

Depuis lundi passé, 500 places sont disponibles au WTC III mais l’accueil, géré par la Croix-Rouge, se fait dans des conditions précaires (pas de douches, pas de distribution de repas, plus d’entrée ni de sortie après 21h, etc).

La Croix-Rouge dit espérer une évolution rapide de la situation. "Une quinzaine de douches ainsi que la distribution de repas sont prévues dans les jours qui viennent. Une consigne sécurisée où les personnes pourront laisser leurs bagages en journée sera peut-être aussi mise en place", a indiqué sa porte-parole Nancy Ferroni.

D’autres bâtiments

Par ailleurs, une alternative au WTC III est envisagée afin de proposer aux demandeurs d’asile un meilleur pré-accueil, a indiqué Yvan Mayeur, samedi soir. "Lors de la réunion, toutes les parties impliquées se sont accordées pour dire que la formule de pré-accueil devrait fonctionner 24 heures sur 24. Il faut également proposer des lieux de vie et pas uniquement un lit de camp. Pour cela, il faut un espace suffisant et le WTC III ne correspond pas à ces besoins", a-t-il indiqué, précisant être à la recherche d’autres bâtiments.

"Nous souhaitons travailler en coopération constructive dans l’objectif de trouver des solutions le plus rapidement possible à la question de l’hébergement des demandeurs d’asile", s’est contenté d’indiquer Frédéric Cauderlier, du cabinet Michel.

La réunion de samedi s’est tenue après qu’Alexander De Croo, vice-Premier ministre Open VLD, eut, dans "Le Soir", enjoint la Ville de Bruxelles d’évacuer le parc. "Si j’étais bourgmestre, je ne tolérerais jamais que, dans ma commune, un parc public soit ainsi occupé, avec ce qui est à la fois un camping, un marché, presque un festival de musique", a-t-il scandé.

Plusieurs voix, comme celle de la présidente du PS bruxellois, Laurette Onkelinx, ont dénoncé ces propos. "Que veut M. De Croo ? Qu’on charge les réfugiés avec des camions à pompe ? C’est cela l’image qu’il veut pour la Ville de Bruxelles ?", s’est-elle écriée, estimant que "le gouvernement fédéral doit organiser autrement l’accueil des réfugiés en attente d’enregistrement."

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