Allocations familiales: Charles Michel doit mettre fin au jeu de la N-VA, exhorte Ecolo

"Les allocations familiales sont un droit de l'enfant, quelle que soit la situation de ses parents. Oser envisager d'y toucher, c'est le signe que la N-VA est prête à tout pour semer le trouble dans l'esprit des citoyens, alors que le coût marginal est très peu élevé et que ces allocations sont nécessaires pour assurer une vie digne", a indiqué le député Ecolo Georges Gilkinet.

Belga
Allocations familiales: Charles Michel doit mettre fin au jeu de la N-VA, exhorte Ecolo
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Le député Ecolo Georges Gilkinet a demandé lundi au Premier ministre Charles Michel de mettre fin au "jeu de rôles de la N-VA, un pied dedans et un pied en dehors de sa majorité". Il s'oppose ainsi à la proposition de la N-VA de ne verser les allocations familiales totalement qu'après un séjour légal d'au moins quatre ans en Belgique durant les 10 dernières années.

"Les allocations familiales sont un droit de l'enfant, quelle que soit la situation de ses parents. Oser envisager d'y toucher, c'est le signe que la N-VA est prête à tout pour semer le trouble dans l'esprit des citoyens, alors que le coût marginal est très peu élevé et que ces allocations sont nécessaires pour assurer une vie digne", a indiqué le député d'opposition. "Jusque quand Charles Michel acceptera-t-il ce jeu de rôles de la N-VA, un pied dedans et un pied en dehors de sa majorité ? ".

Groen a dénoncé pour sa part une proposition qui n'offre aucune solution tout en pénalisant davantage des enfants déjà victimes des lourdes difficultés auxquelles ils ont dû faire face. "Cette proposition ne dispose d'aucune majorité politique et est appelée à mourir rapidement, mais les mots et le discours génèrent, eux, des dommages bien plus persistants", a dénoncé le député Wouter De Vriendt.

Dans l'opposition également, la députée sp.a Freya Van den Bossche a dénoncé cette manière de "marquer des points à bon marché sur le dos des réfugiés".

L'impact sur la sécurité sociale est minime, selon Kris Peeters

Le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) ne soutient pas non plus la proposition de son partenaire de la majorité fédérale, la N-VA.

Selon lui, cette mesure ne resprésente qu'un montant de 6 millions d'euros, "ou à peine 0,1% du pot total de 6 milliards". "L'impact financier est donc encore tout à fait gérable", a-t-il réagi lundi lors d'un déplacement à l'UHasselt. "Il s'agit du droit de l'enfant, cela n'a rien à voir avec la situation des parents", a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la solidarité: "La solidarité a effectivement des limites, mais dans le cas de la sécurité sociale, ces limites n'ont certainement pas encore été atteintes. Une fois que ces gens intègrent notre système, ils doivent évidemment rejoindre la population active. Mais c'est la même chose pour tout le monde."

"First things first. Il faut d'abord accueillir et enregistrer correctement les gens", souligne-t-il, renvoyant ainsi la balle à la N-VA et plus précisément au secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken.

L'allocation familiale est un droit pour chaque enfant, souligne le CD&V

Après leur chef de file au gouvernement fédéral Kris Peeters, les chrétiens-démocrates flamands ont rejeté au niveau régional la proposition de la N-VA. Le président du CD&V Wouter Beke s'en réfère à l'accord du gouvernement flamand (N-VA, CD&V, Open Vld). "En matière d'allocations familiales, des accords clairs ont été passés lors de la formation du gouvernement: les allocations familiales sont et restent un droit pour chaque enfant", a-t-il indiqué.

La question a été abordée lundi au bureau politique du CD&V. "Le sentiment est unanime, cette crise nous mobilisera encore longtemps. La prudence et l'action réfléchie y seront essentielles."

"Le CD&V veut que la protection sociale de chaque Flamand reste stable. Il ne s'agit pas seulement des réfugiés, qui ne représentent que 0,1% du budget des allocations familiales. Non, il s'agit aussi des familles flamandes qui travaillent pendant un certain temps à l'étranger et perdent leurs allocations familiales à leur retour".

Selon M. Beke, la durée probable de la crise doit certes inciter à "ne pas créer d'appel d'air", mais cette préoccupation n'est pas en rapport avec un réduction des droits des enfants.

Veto du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté

Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté s'est à son tour opposé lundi à la proposition de la députée fédérale N-VA. "Ces allocations font aujourd'hui partie de l'indispensable pour de plus en plus de familles. Elles permettent d'équilibrer le budget des ménages. Adopter une telle mesure pourrait provoquer un risque d'appauvrissement", estime sa secrétaire générale Christine Mahy. Le réseau flamand de lutte contre la pauvreté, Netwerk Tegen Armoede, a également rejeté la proposition de la N-VA. "Les allocations familiales sont un droit inconditionnel pour chaque enfant et c'est un outil important contre la pauvreté infantile", a-t-il ainsi rappelé.

Dans le cadre du transfert de la compétence des allocations familiales vers les entités fédérées décidé lors de la sixième réforme de l'Etat, Christine Mahy insiste sur la place qu'occuperont ces allocations dans les débats à venir en Wallonie sur la manière de mieux réduire les inégalités. "Comment peut-on les revaloriser? C'est là tout l'enjeu", conclut-elle.

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