Des Belgo-turcs manifestent à Bruxelles contre la visite du président Erdogan

Les manifestants dénoncent la répression du gouvernement depuis les élections législatives de juin.

Des Belgo-turcs manifestent à Bruxelles contre la visite du président Erdogan
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BELGA

Plus de 150 personnes se sont rassemblées, lundi après-midi, devant le Parlement européen, pour décrier la venue du président turc Recep Tayyip Erdogan à Bruxelles. Les manifestants dénoncent la répression du gouvernement depuis les élections législatives de juin. Le parti présidentiel AKP a alors perdu la majorité au parlement pour la première fois depuis 2002, tandis que le HDP (Parti démocratique des peuples), qui représente la force d'opposition progressiste et pro-kurde, y est entré avec 80 représentants. "Hier, un membre de notre parti a été tué et son corps a été trainé derrière une voiture de police pendant 30 minutes en rue", a souligné Yasin Sunca, membre du HDP. "Cela fait partie de la stratégie électorale d'AKP à l'approche des élections législatives anticipées du 1er novembre. Depuis au moins 5 ans, après qu'Erdogan a arrêté de faire des efforts pour entrer dans l'Union européenne, le pays a connu la corruption, des crimes contre des minorités..."

Les manifestants critiquent aussi vivement l'invitation royale pour le lancement du festival Europalia Turquie et s'inquiètent des discussions avec les représentants européens au sujet des réfugiés syriens. "Ici, on retrouve les populations exclues par le discours conquérant d'Erdogan : des Arméniens, des Alévis, des laïques...", a indiqué Bahar Kimyongür, militant belge d'origine turque et syrienne. "Erdogan est un djihadiste en col blanc. Il est occupé à massacrer le peuple kurde. Il finance depuis 4 ans les terroristes en Syrie et leur ouvre les frontières. Au nom du changement de régime en Syrie, on détruit ce pays, l'Orient et il y a un réel danger qui plane sur l'Europe. Daesh a l'objectif d'infiltrer les migrants pour faire des attentats. Les Syriens sont parqués dans des camps en Turquie. Les réfugiés sont devenus une monnaie d'échange, une arme de guerre: "Si vous ne vous engagez pas dans ma guerre contre Bachar el-Assad, je vous envoie les réfugiés"."

Il justifie le succès populaire rencontré à Bruxelles dimanche soir: "Son secret est d'avoir mis Allah en poche. Il lui suffit de se référer à l'islam pour susciter dans les populations musulmanes une volonté d'adhérer. Et, aujourd'hui, l'islam a le vent en poupe... Il a énormément investi dans le discours mythologique de reconquête de l'Empire Ottoman. Il a été conforté par plusieurs victoires électorales et il a mené une percée sur le plan économique dans les pays arabes. Il se prend pour un nouveau khalife, avec une arrogance qu'il n'avait pas au début de son règne."