Grève du rail: la SNCB reste dans l’ornière

La CSC menace d’aller au Conseil d’Etat contre la décision de la commission paritaire.

Mathieu Colleyn
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SNCB train rail signalisation cheminot greve syndicat navetteur etudiant tickets billet conducteur controleur mobilite ecologie transport gare desiro cable electricite ©Jean Luc Flemal

La CSC menace d’aller au Conseil d’Etat contre la décision de la commission paritaire.

La position du gouvernement est "très claire", avait répété Jacqueline Galant, ministre de tutelle. Celle des syndicats est "bizarre", selon Kris Peeters, ministre CD&V de l’Emploi. Ces déclarations ne présageaient guère d’un changement de cap. Réunie en "kern" dès potron-minet mardi, l’équipe de Charles Michel est donc restée sur ses positions : elle ne désignera aucun médiateur afin de rétablir le dialogue social à la SNCB sans que le préavis de grève déposé par la CSC et la CGSP soit suspendu.

Lundi, les deux organisations avaient réclamé qu’un "démineur" intervienne d’ici la fin du mois afin de définir le cadre d’un nouveau round de négociations. Une solution "bizarre" mais "créative" faisant suite à la proposition gouvernementale de médiation qui n’a pas suscité l’enthousiasme de la majorité fédérale. Le dialogue social reste donc à quai et la menace de grève pour les 6, 7, 21, 22 et 23 janvier est toujours d’actualité.

"Nous ne disposons pas d’éléments neufs nous permettant de lever le préavis de grève", commente Michel Abdissi pour la CGSP Cheminots. "On ne voit pas ce qui empêche de désigner trois médiateurs durant les cinq jours qui nous restent d’ici la fin du mois. Nous nous réunirons en front commun mercredi matin et organiserons une conférence de presse pour mettre les points sur les i."

"Le gouvernement vient de rater une occasion de désamorcer le conflit", complète Isabelle Bertrand pour la CSC Transcom. "On se demande donc s’il y a une volonté politique de résoudre ce problème. Le gouvernement dit ‘non’ aux travailleurs, dit ‘non’ aux voyageurs et à l’ensemble des citoyens qui sont en train de se mobiliser pour l’avenir du rail."

Petit rappel, ce préavis avait été déposé à la suite d’une commission paritaire nationale au cours de laquelle les directions du rail avaient passé au vote des mesures d’augmentation du temps de travail au sein de la SNCB.

Cette décision, le front commun syndical l’avait déclarée illégale car votée à la majorité simple alors que toute modification du temps de travail demandait, selon lui, un vote à une majorité des deux tiers. CGSP Cheminots et CSC Transcom avaient dès lors menacé d’attaquer la direction de la SNCB en justice. "Nous venons de recevoir l’avis juridique de nos avocats et il confirme notre thèse", annonce aujourd’hui Isabelle Bertrand. La CSC dit vouloir "faire un geste" en laissant "une dernière chance" à la direction de faire marche arrière avant un recours au Conseil d’Etat qui risque de conduire à l’annulation de cette décision.

Temps de travail à réformer

Celle-ci porte sur deux mesures très concrètes : la diminution des jours de congé et celle de crédits temps accordés aux cheminots lorsque leur semaine était passée de 38 à 36 heures. Pour les directions du rail, il s’agit ainsi d’augmenter la productivité du personnel de la SNCB et d’Infrabel dès 2016, raison pour laquelle cette réforme, qualifiée par la direction de "rectification d’anomalies" dans l’organisation du travail, devait intervenir avant la fin de l’année. Un autre train de mesures doit encore être discuté à partir du mois de janvier dans le cadre des négociations sur le protocole social 2016-2019 des chemins de fer. On aura compris que c’est mal parti.