La signalisation des accidents sur autoroutes sera faite par les assureurs

Cela fait partie du plan de réforme de la police du ministre Jambon. L’IBSR y est favorable.

Accident E19 Bretelle autoroute Mechelen Vilvoorde 2 policiers et depaneuse
Accident E19 Bretelle autoroute Mechelen Vilvoorde 2 policiers et depaneuse ©stephanie Lecocq
Antoine Clevers

Gouvernement, police, compagnies d’assurance, organismes de sécurité routière… Tous semblent prêts à avancer dans le même sens et à faire en sorte que la mission de signalisation des accidents sur les autoroutes relève, à terme, non plus de la police de la route (la police fédérale), mais des assureurs directement - ou des sous-traitants spécialisés dans le dépannage.

Le plan de réforme de la police, présenté le 22 décembre par le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), a pour ambition de concentrer les moyens humains et financiers disponibles sur les tâches clés de la police (la lutte contre le terrorisme ou la sécurité routière, par exemple). Pour ce faire, l’une des pistes consiste à réorganiser la signalisation des accidents sur les autoroutes. L’idée de départ était de "faire payer les assureurs, mais ils ont préféré organiser le service eux-mêmes", avait précisé M. Jambon, le 22 décembre, en marge de la conférence de presse.

"Le concept est à l’étude, oui", confirme Wauthier Robyns, le porte-parole d’Assuralia (l’union professionnelle des entreprises d’assurances). "Les assureurs sont intéressés par toute politique de dégagement de la route visant à fluidifier le trafic sur les grands axes. Notre vocation majeure, c’est l’indemnisation. Mais nous avons déjà un rôle aujourd’hui d’assistance, de prestations de service de maintien de la mobilité", comme l’évacuation des véhicules accidentés ou en panne, ou la mise à disposition de voitures de remplacement.

L’exemple flamand

En outre, le projet du ministre Jambon "correspond à la philosophie du système FAST ("files aanpakken door snelle tussenkomst" ou "résorber les files par une intervention rapide"), qui prévoit une collaboration avec le gouvernement flamand sur les voiries régionales". FAST a vu le jour en 1998 et s’est développé petit à petit. Sa mission consiste à dégager le plus rapidement possible les principaux axes de circulation en Flandre, comme les rings d’Anvers et de Bruxelles ou certaines routes nationales, après un accident.

Concrètement, le système FAST consiste en une réserve de dépanneuses, disponibles 24 heures sur 24, à laquelle, si nécessaire, la police peut faire appel en cas d’accident. Le service de dépannage doit arriver sur place dans les 20 minutes. Et il prend en charge, selon les besoins, la signalisation et la sécurisation du lieu de l’accident, le nettoyage de la voirie, et l’évacuation des véhicules.

"Tout profit pour la sécurité routière"

FAST est un service payant. Ce qui a provoqué quelques soucis. "Le VAB, en Flandre, a souligné que, parfois, du balisage inutile avait été placé et ensuite refacturé", commente Benoît Godard, le porte-parole de l’IBSR (l’Institut belge pour la sécurité routière). "Des règles précises devront donc être édictées."

Mais, globalement, l’Institut est largement favorable au projet du gouvernement visant à confier aux assureurs la signalisation des accidents sur les autoroutes. "Il est logique, en termes de sécurité routière, que la police se concentre sur d’autres tâches que le balisage des accidents. Elle a d’autres chats à fouetter. On peut même se demander pourquoi ça n’a pas été fait plus tôt. C’est tout profit pour la sécurité routière."

La négociation entre le gouvernement, les assureurs et le secteur du dépannage va donc pouvoir entrer dans une phase plus concrète. A cet égard, Assuralia attire l’attention sur deux éléments importants à ses yeux. "Tout d’abord, indique Wauthier Robyns, les moyens que l’on mettra à disposition devront pouvoir être modulables en fonction de l’accident, de l’intensité du trafic et de la typologie des lieux. Ensuite, ce service aura un coût pour les assureurs. Il devra pouvoir être répercuté sur les primes d’assurance." A n’en pas douter, cette question sera centrale.

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