Tunnels à Bruxelles: une administration défaillante?

Pascal Smet, l’actuel ministre en charge des Travaux publics, aurait hérité d’un dossier ancien dont le coût budgétaire aurait effrayé plus d’un ministre, dit-on.

Tunnels à Bruxelles: une administration défaillante?
©Bauweraerts D
M. Co

"Je ne comprends pas." C’est un Charles Picqué dubitatif que "La Libre" interrogeait lundi. L’ex-ministre-Président bruxellois est formel : jamais, sous la précédente législature (2009-2014), son gouvernement ne fut alerté par l’administration régionale de la Mobilité quant à l’état de vétusté du tunnel Stéphanie. Au contraire du tunnel Léopold II, rouvert hier matin, qui fait l’objet de discussions depuis plusieurs années. "Brigitte Grouwels (la ministre CD&V des Travaux publics de l’époque) était venue avec un projet de financement de la réfection du Léopold II, mais il est visiblement resté dans un tiroir", confesse un proche de la majorité régionale. Cette version des faits est confirmée par deux autres ex-ministres bruxellois. Pascal Smet, l’actuel ministre en charge des Travaux publics, aurait hérité d’un dossier ancien dont le coût budgétaire aurait effrayé plus d’un ministre, dit-on aussi.

Charles Picqué rappelle pour sa part que la place Louise - nœud d’embouteillages bien connu - avait fait l’objet d’une rénovation à la fin des années 2000 sans que fut signalé le moindre problème dans le tunnel qui relie, sous elle, le palais de justice à l’avenue Louise. "Nous avions également parlé des tunnels Cortenberg et Meiser, se rappelle Christos Doulkeridis (ancien secrétaire d’Etat Ecolo) mais c’était dans le cadre des projets de réaménagement de surface prévus à Meiser et sur le rond-point Schuma.n" Sa collègue Evelyne Huytebroeck est du même avis : pas de tunnel Stéphanie à l’ordre du jour du précédent gouvernement.

Idéologie anti-voitures ?

L’administration régionale est donc pointée du doigt par le politique et devra plus que probablement s’expliquer devant le Parlement bruxellois. Mais d’autres sources, plus discrètes, également proches du gouvernement bruxellois, évoquent des raisons plus idéologiques au manque d’entretien dont souffrent les infrastructures routières de la capitale. "Pendant des années, les projets d’investissement ont surtout fait la part belle aux infrastructures anti-voitures, confie un politique bruxellois. On pense aux nombreuses places de parking supprimées et aux pistes cyclables. Sans doute qu’une partie des moyens financiers a été détournée des travaux de rénovation pourtant nécessaires au niveau des tunnels." .