Wallonie: 13.000 signatures contre "les reculs pour la nature" contenus dans le projet de CoDT

Les associations environnementales demandent que "la conservation et le développement du patrimoine culturel, naturel et paysager soient des objectifs clairs du développement territorial.

Wallonie: 13.000 signatures contre "les reculs pour la nature" contenus dans le projet de CoDT
©Jean-Luc Flémal
Belga

Une pétition contre "les reculs pour la nature" contenus dans la nouvelle version du Code du développement territorial (CoDT) actuellement en débat au parlement de Wallonie a récolté près de 13.000 signatures en moins de 10 jours, à l'initiative de huit associations environnementales, a annoncé mardi l'association de protection de la nature Natagora. Ces huit associations (Natagora, la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux, Inter-Environnement Wallonie, Ardenne et Gaume, les Cercles des Naturalistes de Belgique, Jeunes et Nature, les Naturalistes de la Haute-Lesse et WWF Belgium) s'inquiètent d'une série de modifications prévues dans les nouveaux textes, comme la possibilité qui serait désormais offerte, sous certaines conditions, de cultiver des sapins de Noël en zone forestière. Une culture souvent "intensive et destructrice", selon les associations, qui demandent "des garanties strictes de contrôle de l'impact environnemental: pas d'implantation en milieux d'intérêt biologique ou en lieu et place de forêts feuillues, pas d'herbicides ni de régulateurs de croissance".

Les associations environnementales attirent également l'attention sur le rôle écologique joué par mares et zones humides ainsi que les haies et vergers hautes-tiges et demandent à ce que la protection des haies et alignements d'arbres figure dans le corps même du décret. Elles proposent en outre d'y ajouter les vergers hautes-tiges, qui ont disparu en masse des paysages wallons au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

Un autre motif d'inquiétude réside dans l'équilibre entre zones urbanisables et non urbanisables, selon les ONG, qui estiment que "le CoDT doit être garant de cet équilibre et ne pas introduire de dispenses au risque d'un fort recul environnemental".

Enfin, il est demandé que le concept de "réseau écologique" soit formellement repris dans le texte.

"On sent une volonté de bien faire et de rassurer chez le ministre Di Antonio (en charge de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire, NDLR), mais ses propositions actuelles ne répondent pas à la demande des citoyens de voir la biodiversité mieux protégée par le CoDT. Il propose en effet de légiférer par voie d'arrêtés, tandis que c'est bien une protection plus forte, dans le décret même, que nous demandons pour les haies et les zones humides", explique la directrice de Natagora, Joëlle Huysecom, citée dans un communiqué.

Plus généralement, les associations environnementales demandent que "la conservation et le développement du patrimoine culturel, naturel et paysager soient des objectifs clairs du développement territorial, comme indiqué dans l'ancienne législation".

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