La cybercriminalité représente 65% des cas de criminalité économique signalés en Belgique

Selon le rapport de PwC, la cybercriminalité est, avec un taux de 32%, le deuxième type de criminalité économique le plus signalé dans le monde.

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©Jean-Luc Flémal

La cybercriminalité est, pour la première fois, le type de criminalité économique le plus signalé en Belgique, avec 65% des cas. Cependant, toutes les entreprises ou organisations ne se manifestent pas nécessairement après avoir été victimes de criminalité économique: seules 45% d'entre elles reconnaissent ainsi avoir subi un ou plusieurs cas en Belgique, contre 36% dans le monde, ce qui place la Belgique au 9e rang mondial en la matière, ressort-il du rapport 'Global Economic Crime Survey 2016' du cabinet de consultance PwC publié jeudi. 

Ce dernier résultat est toutefois en baisse de 5% par rapport à 2014. Le bureau de consultance a interrogé 6.337 entreprises issues de 115 pays différents. Parmi les 58 organismes sondés en Belgique, 53% emploient plus de 1.000 personnes et 66% ont des bureaux dans plus d'un pays.

Selon le rapport de PwC, la cybercriminalité est, avec un taux de 32%, le deuxième type de criminalité économique le plus signalé dans le monde. La Belgique obtient donc le double de ce résultat et ce type de criminalité y est plus souvent (69%) le fait d'une personne étrangère à l'organisation ou à l'entreprise que de quelqu'un d'interne (23%). Le constat est inverse au niveau mondial (46% en interne contre 41% provenant de l'extérieur). Ce fraudeur sera le plus souvent un homme, titulaire d'un diplôme universitaire, âgé entre 31 et 40 ans et avec une expérience professionnelle de 3 à 5 ans.

Son impact en termes de coûts, de perte financière ou de perte d'image est en outre moins important en Belgique qu'à un niveau global.

Les organisations et entreprises belges sont pourtant bien au courant des risques d'être victimes d'une telle criminalité économique. Quelque 75% d'entre elles confient que leur perception à ce propos a augmenté ces 24 derniers mois, alors que le taux moyen dans le monde est de 53%.

D'ailleurs, un peu plus de la moitié (56%) des entreprises et organisations belges interrogées ont indiqué réaliser au moins chaque année une évaluation du risque de fraudes. Mais 35% ne disposent cependant pas d'un plan pour lutter contre la cybercriminalité et 12% sont même d'avis qu'un tel plan n'est pas nécessaire.

"Ce type de criminalité continue à évoluer dans la mauvaise direction", constate Rudy Hoskens, de PwC. "Nous sentons bien que les entreprises consacrent davantage de moyens dans la surveillance et la protection. Mais, durant plusieurs années, elles ont à peine investi dans ce domaine en raison de la crise économique."

Derrière la cybercriminalité, ce sont le détournement de biens (50% et qui était encore en tête il y a un an) et la fraude à l'approvisionnement (19%) qui constituent les cas les plus signalés de criminalité économique en Belgique. Les répercussions financières de celle-ci sont parfois très importantes. Ainsi, dans le monde, 22% des sondés ont connu des pertes s'échelonnant entre 100.000 et un million de dollars et 14% ont perdu plus d'un million.

Enfin, seules 21% des organisations sondées en Belgique disent avoir confiance en les autorités policières et judiciaires dans la lutte face à la criminalité économique. Elles sont en revanche 44% à ne pas être de cet avis.