Tunnels fermés, RER en rade, bouchons en hausse...: les patrons belges lancent des pistes de solutions

Les patrons belges commencent à en avoir marre des problèmes de mobilité qui touchent le pays et plus spécifiquement Bruxelles. Fiscalité, réforme du rail, modification du cadre de travail... Ils avancent leurs mesures pour réduire les bouchons.

Tunnels fermés, RER en rade, bouchons en hausse...: les patrons belges lancent des pistes de solutions
©Flémal
R.Meu.

Tunnels fermés, RER (réseau express régional) en rade autour de Bruxelles, embouteillages en hausse… Les patrons belges commencent à en avoir marre des problèmes de mobilité qui touchent le pays et plus spécifiquement Bruxelles. D’après la Fédération belge des entreprises (FEB), les embouteillages coûtent ainsi 22 millions d’euros à la Belgique chaque jour. Au niveau annuel, cela représente près de 2 % du produit intérieur brut (PIB) belge. "Il faut arrêter de s’envoyer la balle entre les Régions et le fédéral, explique Pieter Timmermans, l’administrateur-délégué de l’organisation patronale. Les problèmes des tunnels à Bruxelles concernent la majorité des Belges". En 30 ans, la Belgique serait passée de meilleur élève européen en termes d’investissements dans ses infrastructures à dernier de la classe. "Il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard", estiment les patrons qui proposent leur propre plan de mobilité décliné en différents axes.

1. Fiscalité. La FEB ne franchit pas un tabou : on ne touche pas au statut très avantageux des voitures de société en Belgique. "Mais on peut l’adapter", estime Olivier Van der Maren, responsable de la mobilité au sein de l’organisation. Une entreprise qui propose un budget de 700 euros par mois pour une voiture de société pourrait ainsi passer à 500 euros. Le travailleur opterait alors pour un véhicule moins onéreux, mais pourrait utiliser les 200 euros restant de "manière flexible" pour le train ou d’autres types de transport. La FEB se montre par ailleurs favorable à une taxe au kilomètre pour tous les véhicules. "Attention, si on introduit cette taxe au kilomètre, il faut impérativement supprimer la taxe de circulation, prévient M. Van der Maren. L’objectif est de taxer l’utilisation de la voiture plutôt que sa possession." La taxe kilométrique serait ainsi variable selon l’heure, le jour et le lieu où l’on circule en voiture. "L’idée est de placer une puce dans chaque véhicule qui calcule ces différents paramètres", développe le responsable. Parallèlement, la taxe annuelle de circulation et celle de mise en circulation seraient supprimées, rendant la mesure "budgétairement neutre". Les revenus de cette fiscalité "intelligente" devraient être entièrement dédiés à la mobilité et à l’infrastructure. A noter que le CDH s’oppose à cette proposition.

2. Réformer le rail. Selon les patrons belges, trop de lignes de trains ne sont actuellement "pas rentables". "Sur certains tronçons, il n’y a que deux passagers par wagon", remarque M. Timmermans. La solution ? Remplacer ces lignes peu fréquentées par des bus électriques, voire des taxis en soirée. La fédération veut, par contre, intensifier certaines lignes de train fortement utilisées. Enfin, les patrons s’opposent au projet d’émettre un ticket de train plus cher lors des heures de pointe. "On fait payer les entreprises pour financer la SNCB", estime M. Timmermans.

3. Modifier le cadre du travail. Selon les patrons, il faut "changer nos mentalités", avec davantage de télétravail et de flexibilité dans les horaires. "On doit baser le travail sur le résultat plutôt que sur le nombre d’heures prestées", expliquent-ils. "Les livraisons de nuit, comme cela se fait déjà à Londres par exemple, permettraient aussi de désengorger en partie nos villes, avance M. Timmermans. Mais pour l’instant, c’est impossible à réaliser car il manque un cadre légal".

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