Monsieur gagne autant? Si c’est Madame, ce sera moins (Faites le test)

Dans les mêmes conditions de travail, un homme gagne plus qu’une femme. C’est un fait. Injustifié, injustifiable, mais objectif. D’année en année, l’inégalité persiste. Sur base annuelle, l’écart salarial est de 22 %. Faites vous-même le test sur le "Convertisexe".

An.H.

Dans les mêmes conditions de travail, un homme gagne plus qu’une femme. C’est un fait. Injustifié, injustifiable, mais objectif. D’année en année, l’inégalité persiste, même si cet écart salarial en fonction du genre tend à se réduire - un tout petit peu. Le dernier rapport annuel de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (le suivant arrivera en juin) montre que l’écart défavorable aux femmes (sur la base des salaires horaires) est en moyenne de 9 % (soit un petit recul en un an de 1 %). En revanche, si on calcule sur une base annuelle, le thermomètre ne bronche pas. En moyenne, une femme gagne 22 % de moins qu’un homme.

Le temps partiel, première explication

Entre ces deux chiffres, une explication : l’effet du travail à temps partiel, qui reste principalement le fait des femmes - des mamans surtout. C’est ce qui a le plus d’impact sur le salaire. Et cela évolue peu. Selon des données avancées par Isabelle Simonis (PS), ministre en charge des Droits des femmes et de l’Egalité des chances en Fédération Wallonie-Bruxelles, la Belgique est un des pays européens où la proportion de femmes travaillant à temps partiel ou à durée déterminée est la plus élevée : 46 %. Soit près d’une femme pour deux.

Autre réalité : les tâches domestiques et d’éducation, à 80 % assumées par les femmes, empiètent sur leur temps de travail. Un indice : le système de crédit-temps à temps plein pour s’occuper d’un enfant est utilisé à 95 % par des mamans qui mettent leur carrière entre parenthèses.

Quand il y a de jeunes enfants dans la famille, les mères consacrent en moyenne près de 13 heures par semaine aux soins et à l’éducation des enfants, contre 5 heures pour les pères, selon des chiffres du cabinet Simonis.

Pas toujours un choix personnel

CQFD ? Pas si vite… Si, de fait, la combinaison boulot et vie de famille motive 50 % des femmes qui réduisent leur temps de travail, ce n’est pas toujours un choix personnel, insiste Michel Pasteel, directeur de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Une femme sur cinq (22 %) accepte un temps partiel faute de décrocher un temps plein. Les hommes sont aussi concernés (26 %).

Si on considère uniquement les salaires (sans prendre en compte la situation familiale, le temps partiel, la nationalité…), l’écart entre les genres ne diminue pas. Principalement parce que la plupart des femmes exercent des fonctions moins bien rémunérées. Les dix métiers les plus mal payés sont majoritairement féminins : coiffeuse, esthéticienne, aide ménagère, caissière, vendeuse...

Illustration chiffrée fournie par l’Institut pour l’égalité : une femme sur quatre (contre un homme sur six) qui travaille à temps plein touche un salaire mensuel brut inférieur à 2 250 euros. A l’autre extrémité, dans la plus haute catégorie salariale, 7,5 % de femmes (pourcentage en hausse) gagnent plus de 5 000 euros brut par mois, contre 10,5 % d’hommes.

Un convertisseur de genre

Le ministère des Droits des femmes a planché sur cette problématique avec AlterEgales, qui regroupe 40 associations et mouvements de femmes francophones. Leurs réflexions ont abouti à des recommandations adressées à tous les niveaux de pouvoir pour rendre le congé de paternité obligatoire, former les enseignants à l’égalité, sensibiliser les femmes à la négociation salariale… Un site ludique a été créé : "Convertisexe". Pour chaque secteur d’activités, ce convertisseur de genre calcule, en quelques clics, la différence de salaire mensuel brut selon qu’on est un homme ou une femme.

---> www.convertisexe.be


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