Plus de 200 personnes ont passé une 2e "Nuit debout" à Bruxelles

Pour la deuxième soirée consécutive, l'évènement "Nuit Debout" a pris place à Bruxelles. Jusqu'à une heure du matin, des centaines de citoyens se sont retrouvés pour échanger leurs idées et refaire le monde.

Daphné Coulon (st.)

Monts des Arts, 19h. Une vingtaine de personnes est présente à l'heure fixée sur l'évènement Facebook. Les minutes passent, la foule grandit et l'ambiance est conviviale. Nous sommes encore loin des milliers de personnes mobilisées chaque soir dans les grandes villes françaises, mais le pendant bruxellois des "Nuits Debout" semble tout de même séduire le peuple belge. Tous sont réunis autour d'une idée commune : faire changer les choses. "C'est ce qui nous amène ici. Une volonté de voir du changement dans notre société. Quel qu'il soit", lance un participant à la foule assise face à lui. Pendant toute la soirée et jusqu'à une heure du matin, les interventions se succèdent. Certains choisissent de s'exprimer à travers la poésie ou même le rap. 

La majorité des participants n'a pas plus de trente ans, mais le profil des orateurs varie. Un jeune de 16 ans s'interroge sur l'avenir de notre planète, un ancien policier explique à quel point son métier l'a déçu, un étudiant critique le système capitaliste,... Chacun a la parole, et personne n'est plus important qu'un autre. Car ici, il n'y pas de hiérarchie, pas de leader.

Des paroles, et après ?

Mais si chacun peut s'exprimer, aucune action concrète n'est décidée. "C'est le gros problème.On est là pour faire changer les choses. Mais quand, comment et pourquoi, on ne le sait même pas. Mais on voudrait être soutenus" explique Guillaume, l'un des encadrants de l'évènement. Pour l'instant, le rassemblement citoyen permet simplement de créer une assemblée générale où chacun peut s'exprimer. "On parle, on débat, on vote. On essaye de se donner une voix unique et d'être entendus". Même si le projet reste encore flou, la volonté de créer un monde meilleur est très forte.

Au terme de cette deuxième "Nuit debout" bruxelloise, c'est surtout la structure de l'évènement qui a été décidée. Les tâches sont réparties pour les prochains rassemblements, et l'organisation est plus claire. Afin d'assurer une unité dans le mouvement, certains points plus sensibles ont été abordés, comme le rapport avec les forces de l'ordre. "On va essayer que tout se passe bien et qu'on n'ait pas besoin de la police" explique un jeune ayant participé aux rassemblements de Paris. "Mais tenez vous prêts, parce que dès qu'on commencera à vraiment s'installer avec des infrastructures, ils vont vouloir nous virer. Et on devra résister tout en étant pacifiques. On devra être irréprochables pour pouvoir nous faire entendre". 

Parce que oui, les rassemblements vont continuer et surtout tenter de toucher de plus en plus de monde. Liège, Charleroi... Dans les prochains jours, Bruxelles ne sera plus la seule à passer la nuit debout. Même en Espagne, des rassemblements sont prévus.