Actions FGTB: Ducarme conseille à Goblet de tourner sa langue sept fois dans sa bouche

"M. Goblet a-t-il perdu la tête? Il incarne de plus en plus un syndicalisme enchaîné au 19e siècle, empreint d'une lutte des classes dépassée et moribonde" a déclaré Denis Ducarme (MR). Le président de la FGTB avait conclu ce mardi matin son discours par "ce gouvernement est composé d'une bande de gamins de merde!"

Belga

Le chef de groupe MR à la Chambre, Denis Ducarme, conseille au secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Les libéraux francophones jugent les propos du syndicaliste, et particulièrement le qualificatif de "gamins de merde" accolé au gouvernement, particulièrement peu propices à la concertation sociale. 

"M. Goblet a-t-il perdu la tête? Il incarne de plus en plus un syndicalisme enchaîné au 19e siècle, empreint d'une lutte des classes dépassée et moribonde. On ne peut pas réclamer à cor et à cri la concertation sociale et cracher au visage de ses interlocuteurs. Nous acceptons évidemment les critiques sur les réformes que nous portons, et nous regrettons l'absence d'accord sur la modernisation du gentlemen's agreement (qui organise l'exercice du droit de grève), mais nous souhaitons toujours respecter la concertation sociale. En tenant des propos aussi extrêmes, ce n'est pas cette majorité qui porte atteinte à la concertation mais M. Goblet", a déclaré M. Ducarme.


Grand rassemblement syndical place de la Monnaie à Bruxelles

Plusieurs milliers de militants du syndicat socialiste FGTB se sont rassemblés mardi place de la Monnaie, à Bruxelles, pour protester contre les mesures prises par le gouvernement fédéral lors du dernier contrôle budgétaire conclu le 9 avril. Le syndicat avance le chiffre de 3.500 manifestants. Le président Rudy De Leeuw et le secrétaire général Marc Goblet ont pris la parole devant les militants.

"Les travailleurs, les pensionnés, les demandeurs d'emploi, nous avons tous assez payé", a lancé M. de Leeuw. "Ce sont toujours les mêmes qui payent." Le leader syndical a dénoncé le "deux poids, deux mesures du gouvernement fédéral". "En 2015, les managers des entreprises cotées à l'indice BEL-20 ont augmenté leurs revenus d'environ 20% alors que nous, les travailleurs, avons dans le même temps subi le saut d'index et la modération salariale. Les revenus nets des entreprises ont augmenté de 32% en 2015, et, nous, les travailleurs, devrions devenir hyper-flexibles avec des semaines de travail de 45 heures", a énuméré Rudy De Leeuw, évoquant également le scandale de fraude fiscale des 'Panama Papers' et le mécanisme des 'Excess profit rulings'.

Le président de la FGTB a également indiqué que cette journée d'action annonçait un "printemps social". Le syndicat socialiste a annoncé son intention d'organiser une grande manifestation en front commun fin mai.

"Ce gouvernement n'est pas aussi stable que ce que l'on dit", a pour sa part affirmé Marc Goblet, affirmant que les syndicats étaient "capables de faire reculer ces gens." "Ce qui importe, c'est le respect de la dignité des travailleurs. Quand on voit tous les cadeaux que les employeurs ont reçu et qu'ils arrivent encore à mettre en cause la fin de la période d'essai, c'est un scandale", a-t-il indiqué, ajoutant que cette proposition "ne passera pas avec la FGTB". "Réclamer plus de flexibilité alors que nous sommes déjà le pays européen le plus flexible, c'est aussi scandaleux", a-t-il ajouté.

"Comment va-t-on créer de l'emploi avec de telles mesures?", s'est-il interrogé, dénonçant une volonté de "mettre les syndicats de côté." "Ceux qui disent que laisser le travailleur négocier seul face à son employeur lui offre davantage de liberté est un menteur."

Affirmant en avoir "marre d'entendre que la FGTB ne ferait pas de propositions", Marc Goblet a rappelé plusieurs propositions phares du syndicat: globalisation des revenus avant imposition, lutte contre la fraude fiscale, taxe sur les grandes fortunes, lancement d'une politique de relance économique et garantie de services publics de qualité. Il a également rappelé sa proposition de réduction du temps de travail à 32 voire 30 heures par semaine, "la seule mesure qui créera des emplois", a-t-il fait valoir.

"Ceci est un début. Si on doit aller à la grève, on ira. Jamais la FGTB n'acceptera la remise en cause de la liberté syndicale et de la liberté d'expression des travailleurs!" Et de conclure: "ce gouvernement est composé, passez moi l'expression, d'une bande de gamins de merde!"


2.500 militants devant la gare de Guillemins à Liège

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©Michel Tonneau


La FGTB Liège-Huy-Waremme a mené mardi matin une action sur l'esplanade située entre la gare de Liège-Guillemins et la tour des Finances à Liège. L'appel aux militants avait été lancé la semaine dernière dans le but d'organiser un rassemblement contre les nouvelles mesures du gouvernement fédéral annoncées lors du conclave budgétaire le 9 avril dernier. Mardi matin, selon le syndicat socialiste, près de 2.500 personnes se sont mobilisées et ont écouté les discours de Christian Jacquemin, secrétaire régional de la FGTB Verviers et Jean-François Ramquet, secrétaire régional de la FGTB Liège-Huy-Waremme.

Lors de sa prise de parole, Christian Jacquemin a fustigé l'attitude du gouvernement fédéral. "Ce gouvernement composé de fachos, de tricheurs, de menteurs et d'incompétents ne cherche pas à résoudre les problèmes de fond. Pour faire des économies, il met la pression sur votre emploi et votre travail." Le secrétaire régional de la FGTB Verviers s'en est également pris directement au ministre fédéral de l'emploi, Kris Peeters, à travers des critiques sur la possibilité de travailler jusqu'à 45 heures par semaine. "Via Kris Peeters, le gouvernement a décidé que vous ne seriez plus maître de votre temps de travail", a-t-il déclaré.

Soulignant qu'à côté des coupes dans la sécurité sociale, "aucune disposition n'est prévue pour s'attaquer à l'évasion fiscale révélée dans le scandale des Panama papers", Jean-François Ramquet a prôné une justice fiscale et mis en garde le gouvernement Michel dont "les décisions renforcent les inégalités".


Plus de 1.500 manifestants ont parcouru les rues de Charleroi

A l'appel de la FGTB, plus de 1.500 manifestants se sont réunis mardi matin devant le siège du syndicat socialiste, boulevard Devreux, à Charleroi, avant de parcourir les rues de la ville, jusqu'au siège du SPF Finances. Le cortège s'est étiré de rue en rue, jusqu'au boulevard Tirou. Banderoles et drapeaux déployés, les manifestants ont répété des slogans qui demandaient aux banques de payer et réclamaient de l'emploi pour les jeunes. En tête du cortège, figuraient des représentants des jeunes de la FGTB.

Le cortège a marqué un arrêt le long du boulevard Tirou, devant le siège de BNP Paribas Fortis, à quelques centaines de mètres du chantier en construction du complexe commercial Rive Gauche.

De nombreux représentants des autres régions avaient pris part au cortège, venus de Namur, Tournai et du Brabant wallon, notamment. Les manifestants se sont rendus au pied de la tour des Finances, à l'extrémité des quais de Sambre. Antonio Cocciolo, responsable de la FGTB Métal, y a pris la parole. Il a rappelé les grandes lignes de la politique gouvernementale, et le prix qu'avait coûté la crise bancaire, un prix assumé par les travailleurs, a-t-il insisté.

Il a également appelé à se serrer les coudes, au moment où s'engagent d'importants débats sur l'avenir social du pays. Enfin, il a souligné que d'autres manifestations figurent au calendrier syndical et qu'elles nécessiteront une nouvelle capacité de mobilisation.

La manifestation s'est déroulée sans incident mais elle a perturbé les conditions de trafic, particulièrement dans le quartier de la Ville-Basse.

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