Vers une manifestation en front commun fin mai

C’est ce qu’a annoncé, mardi,la FGTB. La réintroduction dela période d’essai passe très mal.

Illustration picture shows a person inspecting an information sign of Walloon public transport company TEC, during a public transport strike organized by socialist union FGTB, to protest against austerity measures by the Federal Government, Tuesday 19 April 2016 in Charleroi. BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR
Illustration picture shows a person inspecting an information sign of Walloon public transport company TEC, during a public transport strike organized by socialist union FGTB, to protest against austerity measures by the Federal Government, Tuesday 19 April 2016 in Charleroi. BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR ©BELGA
Jean-Claude Matgen

Mardi, le syndicat socialiste FGTB a organisé une série de concentrations qui ont réuni, selon ses chiffres, 3 500 personnes à Bruxelles, 2 500 à Liège, 1 500 à Charleroi et 500 à Namur. Les travailleurs entendaient protester contre les mesures prises par le gouvernement fédéral lors du dernier contrôle budgétaire. Dans plusieurs villes wallonnes, les Tec ont été très perturbés et diverses entreprises ont été affectées par des mouvements de grève mais les nouvelles du jour sont ailleurs.

Passe d’armes Goblet/Ducarme

Primo, la FGTB a fait savoir qu’elle souhaitait une grande manifestation en front commun à la fin du mois de mai, après les élections sociales. "Nous allons en discuter la semaine prochaine avec les autres syndicats" , ont annoncé le président Rudy De Leeuw et le secrétaire général Marc Goblet, évoquant un"printemps social" .

"L’action d’aujourd’hui n’est qu’une étape , a indiqué Marc Goblet, ajoutant que "le gouvernement n’est pas aussi stable que ce que l’on dit." Au passage, M. Goblet a estimé que ce gouvernement était composé de gamins de merde. Ce qui a eu l’heur de fâcher le président du groupe MR à la Chambre, Denis Ducarme. Il a conseillé au secrétaire général de la FGTB "de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler" .

Les libéraux francophones jugent les propos du syndicaliste "peu propices à la concertation sociale" .

Secundo, les syndicats sont vent debout après l’annonce, révélée par "L’Echo", de l’intention du gouvernement de réintroduire la période d’essai pour les employeurs embauchant un travailleur avec un contrat fixe. Syndicats et organisations patronales ont jusqu’au 30 septembre pour donner leur avis ou formuler une solution alternative.

La période d’essai, au cours de laquelle un licenciement n’était pas assorti d’indemnités, a disparu en 2014 avec l’introduction d’un statut unique pour employés et ouvriers.

Voici un florilège des réactions des organisations syndicales. "Une négociation où les employeurs murmurent à l’oreille du pouvoir politique n’est pas une négociation." (ACV, syndicat chrétien flamand). "L’introduction du statut unique pour les ouvriers et les employés avait été un compromis délicat. La suppression de la période d’essai rendait ce compromis acceptable." (ACLVB, syndicat libéral flamand)."Le gouvernement donne, une nouvelle fois, priorité à une revendication injuste des employeurs comme s’ils voulaient se venger de ce qu’ils ont dû concéder autrefois." (CGSLB)."C’est toujours la même chose avec ce gouvernement : on nous implique quand tout a déjà été décidé. C’est inacceptable." (FGTB)."Si le gouvernement réintroduit la période d’essai, il devra aussi réintroduire les délais de préavis en cours avant l’accord sur l’harmonisation des statuts des employés et des ouvriers." (SETCa). "Cette mesure provoquerait un détricotage des contrats de travail. Nous continuerons à nous opposer à l’idée que les travailleurs sont des produits jetables."(CSC).

D’après les organisations patronales, depuis la suppression de la période d’essai, les entreprises préféraient recourir aux travailleurs intérimaires et étaient moins promptes à signer un contrat de travail à durée indéterminée.

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