Les nouveaux arrivants à Molenbeek seront systématiquement identifiés

Les autorités sont sur le point d’adopter un règlement qui oblige de mettre les noms sur la sonnette.

Christophe Lamfalussy
Visite de l'église St-Jean-Baptiste à Molenbeek avec l'échevine Ann Gilles-Goris
Visite de l'église St-Jean-Baptiste à Molenbeek avec l'échevine Ann Gilles-Goris ©Matthieu Marre

La police de Molenbeek va systématiser ses enquêtes de voisinage chaque fois qu’un nouvel habitant arrive dans la commune. Un règlement communal est en voie d’approbation au sein des autorités locales. Il doit être approuvé par le collège et le conseil communal d’ici le 9 mai.

L’objectif est de mieux identifier les nouveaux arrivants, à défaut de pouvoir contrôler tous les habitants, comme le souhaitait en novembre dernier le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA). "Il est inacceptable que nous ne sachions pas qui se trouve sur le territoire de la commune", avait-il déclaré sur le coup des attentats de Paris, appelant l’administration communale à "aller frapper à chaque porte et demander qui habite là".

Pourquoi seulement les nouveaux arrivants ? Johan Berckmans, le commissaire divisionnaire de Molenbeek, souligne que "sur un an, il y a 8 000 changements d’adresses à Molenbeek. C’est un travail important pour la police locale". Il reconnaît aussi que les policiers ont du mal à identifier les habitants de la commune. Une première difficulté est l’absence de noms sur les sonnettes ou des numérotations déficientes, notamment dans les blocs d’immeubles. La seconde est qu’il y a de nombreux sans-papiers dans la commune, qui se comptent "par milliers".

Visite domiciliaire

Le règlement molenbeekois est une première dans la région bruxelloise, suivie avec intérêt par d’autres communes. La visite domiciliaire nouvelle formule permettra aux policiers d’engranger plus d’informations que par le passé, comme le logement, la présence d’autres personnes dans le domicile ou la séparation réelle ou non des appartements dans les grandes maisons, indique Ann Gilles-Goris (CDH) (sur la photo), l’échevine de l’Etat civil et de la Démographie. La majorité propose aussi l’obligation de mettre les noms des habitants sur les sonnettes.

La visite domiciliaire est la seule fois où un policier peut rentrer dans une maison sans mandat. Elle est importante pour engranger des informations sur ses occupants. Elle ne s’applique en principe qu’aux nouveaux arrivants ou à ceux qui déménagent de quartier, mais "s’il y a suspicion, par exemple d’une adresse fictive, on pourra faire un contrôle ciblé", précise l’échevine molenbeekoise.

"Dans certains quartiers de Molenbeek, il y a des moyennes de déménagement de neuf mois", ajoute l’élu, qui rappelle combien la commune joue un rôle de transit pour des réfugiés et des demandeurs d’asile. "Le but n’est pas de faire une chasse aux sorcières, mais c’est de savoir qui est sur son territoire. C’est parfaitement légitime", conclut l’échevine.

Les combattants

La police a également entrepris de recueillir un maximum d’informations sur les 79 Foreign Terrorist Fighters (FTF) qui sont identifiés dans la commune. Des renseignements comme les diplômes, le type de véhicule possédé, le numéro de portable seront encodés dans une base de données propre à la commune, qui existe depuis un an et qui va plus loin que le registre national.

Comme Schaerbeek, Molenbeek a connu une croissance exponentielle de sa population, passant de 80 000 habitants en 2000 à environ 95 000 actuellement.Christophe Lamfalussy

Sur le même sujet