Un plan contre la radicalisation violente des jeunes

Objectif : celui de développer une stratégie de prévention des risques liés à l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux face à la radicalisation violente.

Louise Vanderkelen
Un plan contre la radicalisation violente des jeunes
©AP

Ce nouveau projet de l’association PRI a reçu le soutien de Jan Jambon.

Lutter contre la radicalisation violente chez les jeunes, tel est le projet ambitieux de l’association PRI (Prévention Réseaux Internet). Ce collectif ixellois a pour ce faire décidé de rassembler en un seul groupe plusieurs associations ayant le même objectif : celui de développer une stratégie de prévention des risques liés à l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux face à la radicalisation violente. En d’autres mots, scruter le Net afin d’y détecter les recruteurs djihadistes, désamorcer leurs discours et transmettre les informations aux autorités compétentes qui se chargent du volet répression. Il s’agit là d’une première.

Le cabinet du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), semble très intéressé par le projet "A la rencontre de la nuance". Le ministre a d’ailleurs reçu mardi les responsables du projet.

Les jeunes ciblés

Pour enrayer le phénomène de radicalisation violente, l’ASBL s’est basée sur plusieurs études qui ont pour public cible les jeunes "en situation conflictuelle avec leur identité, facilement influençables" , précise Hassan Laafoura, administrateur-délégué à la gestion des affaires courantes de l’ASBL.

Le programme de PRI est d’aller à la rencontre des jeunes habitant les zones constituant le "croissant pauvre" de Bruxelles : le bas de Saint-Gilles, de Molenbeek et de Schaerbeek, les Marolles et de Laeken.

Ces ados se verront proposer des séances d’éducation aux médias, qui leur permettront peut-être de dégager le vrai du faux issu du bain médiatique dans lequel les flux d’informations sont continus. Dans ces masses de contenus, il n’est pas rare d’y trouver des documents qui visent à inciter les jeunes à se radicaliser dans le but d’aller faire le djihad en Syrie.

PRI leur proposera également de réfléchir aux différentes lectures des religions mais aussi d’analyser de façon critique les théories du complot auxquelles ils croient parfois.

Des actions sur le terrain

PRI, dans son rôle d’organisme de prévention, organise également des séances de sensibilisation qui prennent la forme d’animations dans les écoles ainsi que dans les associations de jeunes, les clubs sportifs, mais aussi auprès des parents. Même s’ils sont souvent aux premières loges de la radicalisation très rapide (de 6 semaines à 6 mois) de leur enfant, beaucoup ne la détectent pourtant pas. Le rôle de l’ASBL sera donc de ramener "à la réalité" les jeunes qui sont en voie de radicalisation via l’aide de nombreux spécialistes. "Nous pouvons plus rapidement gagner la confiance des gens que les instances officielles. Il n’est pas pour autant question de forcer le jeune à parler s’il n’en a pas envie" , explique l’administrateur.

Le projet prévoit déjà de s’étendre en Wallonie et en Flandre s’il obtient le financement nécessaire.