Negatif Clan: Des rappeurs qui dérapent

Ils ont fait danser le public à Bruxelles-les-Bains l’été dernier. Certaines de leurs vidéos, dans le plus pur style Gangsta Rap, ont eu leur succès sur YouTube. Le masque des membres du Négatif Clan est cependant tombé.

Jacques Laruelle
Negatif Clan: Des rappeurs qui dérapent
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Le Négatif Clan est davantage une organisation criminelle qu’un groupe d’artistes.

Ils ont fait danser le public à Bruxelles-les-Bains l’été dernier. Certaines de leurs vidéos, dans le plus pur style Gangsta Rap, ont eu leur succès sur YouTube. Le masque des membres du Négatif Clan est tombé l’été dernier lorsque ses principaux membres ont été arrêtés pour proxénétisme, viols, stupéfiants, vols avec violences et organisation criminelle.

Seize membres du Négatif Clan sont jugés à Bruxelles. La moitié comparaissent détenus. Ils sont très jeunes. Leurs racines se trouvent pour la plupart en Afrique noire.

Tensions au tribunal

Des proches sont sur les bancs du public au tribunal. La tension, au cours des deux premiers jours du procès, a été extrême. Il semble bien que la loi du silence ne soit pas un vain mot au sein de la bande.

Vendredi matin, une jeune femme s’est précipitée sur une coprévenue qui venait de dire qu’elle était impliquée dans une agression. Les policiers ont dû les séparer alors que la première agrippait la seconde par les cheveux.

Vendredi après-midi, le président a ordonné le huis clos pour éviter de nouveaux heurts. Deux prévenus détenus se sont violemment apostrophés alors que les policiers les escortaient vers la salle d’audience. Ils ont dirigé leur colère vers les policiers qui tentaient de les calmer.

La montée en puissance du Négatif Clan remonte à juillet 2015. Un homme se présente à la police. Il explique qu’il a été dépouillé alors qu’il était avec une escort girl. Une dizaine de jours plus tard, c’est un autre homme qui est dépouillé par de jeunes hommes menaçants à l’issue d’un rendez-vous du même type. Un mois plus tard, un autre client est séquestré pendant des heures. Ses agresseurs l’abandonnent ligoté dans sa voiture. D’autres victimes n’ont pas porté plainte.

Magiciens et mercenaires

L’enquête a permis de déterminer comment fonctionne le Négatif Clan. Il y a les "papas" ou "magiciens" qui sont les souteneurs. Les filles étaient surveillées par les "mercenaires" . La bande, apprennent les policiers, est impliquée dans des faits de proxénétisme et de trafic de drogue.

La plus jeune des prostituées avait 15 ans. Elles étaient choisies en raison de leur situation précaire. Les gains servaient au Négatif Clan pour financer sa musique. "Leurs clips, leur musique leur permettait d’attirer de nouvelles victimes qui croyaient fréquenter des stars" , a relevé le procureur Marjorie Culot. Elle a requis des peines allant jusqu’à quinze ans de prison.