Accident ferroviaire à Saint-Georges-sur-Meuse: un jeune homme grièvement blessé, deux victimes déjà rentrées

La collision entre un train de voyageurs et un train de marchandises dimanche soir à Saint-Georges-sur-Meuse a tué trois personnes et blessé une quarantaine d'autres, a confirmé le bourgmestre de la commune de Saint-Georges-Sur-Meuse. En raison de l'accident, des répercussions sur toute la dorsale wallonne sont à prévoir lundi.

Belga

La collision entre un train de voyageurs et un train de marchandises dimanche soir à Saint-Georges-sur-Meuse a tué trois personnes dont le conducteur du train et blessé une quarantaine d'autres, a confirmé le bourgmestre de la commune de Saint-Georges-Sur-Meuse, Françis Dejon, sur base d'un premier bilan.

Au total, trois wagons - deux du train de passagers et un du train de marchandises - ont déraillé lors de la collision entre les deux véhicules dans la commune liégeoise de Saint-Georges-sur-Meuse dimanche soir. A 23h03, un train de passagers a percuté l'arrière d'un train de marchandises, à l'arrêt ou qui s'apprêtait à démarrer, selon les informations de la SNCB. Les deux wagons à l'avant du train de passagers ont déraillé, la première voiture est complètement couchée sur la voie, l'autre l'est partiellement. Le train de marchandises, qui comptait une trentaine de wagons, transportait des pierres calcaires.

Avec le brouillard, la visibilité était très réduite dans les environs lundi matin. Selon Infrabel, le brouillard a pu jouer un rôle mais pour l'heure rien n'est confirmé. Une autre hypothèse est d'étudier l'impact de la foudre qui a frappé les installations électriques, quelques heures avant la collision. Les circonstances de l'accident doivent encore être déterminées.

Les dégâts structurels seraient limités, selon Infrabel. Une fois les wagons évacués, la circulation ferroviaire devrait dès lors reprendre rapidement.

Le parquet est présent depuis ce lundi matin sur les lieux de l'accident. Il doit donner son accord à Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, pour dégager les deux wagons touchés et qui empêchent toute circulation sur les voies. Selon les premières constatations, l'infrastructure n'aurait pas subi de dégâts. Cela signifie qu'une fois les wagons enlevés, la circulation des trains pourra reprendre sur cette ligne, qui relie Huy à Flémalle. L'opération devrait durer une demi-journée, selon Infrabel.

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©IPM graphics


Importante équipe de secouristes

Une trentaine de secouristes et cinq membres du service d'aide psychosociale ont été dépêchés sur les lieux de l'accident ferroviaire survenu dimanche soir dans la région de Liège, a indiqué Nancy Ferroni, porte-parole de la Croix-Rouge. Un poste de secours avait également été mis en place sur la nationale, proche du rail, afin d'évacuer les blessés vers les hôpitaux. Un plan d'intervention médicalisée a été déclenché ce qui a permis l'intervention de la Croix-Rouge. Le centre de crise a fermé vers 3h30, précise Nancy Ferroni.

Un jeune homme de 26 ans a été grièvement blessé dans la catastrophe ferroviaire de Saint Georges, a-t-on appris au CHR Citadelle où il a été admis peu après 2h du matin. Projetée à travers le wagon, la victime est devenue paraplégique. Elle souffre d'une fracture au niveau du dos, des côtes et se plaint de douleurs abdominales. Elle est actuellement aux soins intensifs, précise-t-on au CHR Citadelle. Le jeune homme devra prochainement subir une opération au dos. Le Centre Hospitalier Universitaire a également admis durant la nuit une des neufs victimes de l'accident mais ses jours ne sont pas en danger, ajoute le CHU.

Parmi les trois personnes transportées au Bois de l'Abbaye à Seraing, deux d'entre-elles ont déjà pu quitter l'hôpital. La troisième, une jeune femme de 20 à 25 ans, doit subir une opération dans le courant de la matinée mais le pronostic vital n'est pas engagé.

Les pompiers de Huy sont sur place et bénéficient des renforts de ceux de la zone de Liège au minimum. Ces services d'urgence procèdent à la désincarcération des victimes dans les véhicules qui sont couchés sur le flanc. Un centre de crise est en cours d'organisation dans la commune d'Amay avoisinante. L'accident ferroviaire est survenu tard dans la soirée de dimanche à Saint-Georges-Sur-Meuse, à la limite des communes de Saint-Georges-Sur-Meuse et Engis, en province de Liège. Un train de voyageurs qui circulait sur la même voie qu'un train de marchandises a percuté ce dernier à une allure d'environ 90km/h, a indiqué le bourgmestre Dejon.

Une quarantaine de passagers étaient à bord, confirme pour sa part le porte-parole d'Infrabel, Frédéric Sacré. Il explique que le train de voyageurs était composé de six véhicules et que les deux premiers ont été le plus sévèrement touchés par l'impact de la collision. Le premier véhicule est couché sur le flanc et le second est penché à environ 20 degrés, détaille-t-il. Le travail d'évacuation des blessés est accompli, précise encore le porte-parole et les pompiers sont occupés à désincarcérer les victimes encore présentes dans les rames.


Aucune hypothèse privilégiée

Accident ferroviaire à Saint-Georges-sur-Meuse: un jeune homme grièvement blessé, deux victimes déjà rentrées
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Une enquête judiciaire est ouverte au sujet de l'accident ferroviaire, confirme Nathalie Gobin, substitut du procureur du Roi de Liège. Des enquêteurs et des experts sont présents sur place. Une enquête judiciaire sur base de coups et blessures involontaires ayant donné la mort sans l'intention de la donner est ouverte au sujet de l'accident de train. Il s'agit de déterminer "quels sont les responsables s'il y en a", a indiqué à Belga Mme Gobin.

D'autres enquêtes pourront aussi être ouvertes, interne aux chemins de fer ou au niveau des assurances, évoque-t-elle.

Le porte-parole d'Infrabel, gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, Frédéric Sacré ne confirme pas que l'accident survenu dimanche soir à Saint-Georges-sur-Meuse est dû à un problème de signalisation. "Ce qui est anormal, c'est que le train de passagers a rattrapé le train de marchandises. La signalisation existe justement pour l'éviter. Mais nous ne pouvons pas encore affirmer qu'il y a eu un problème à ce niveau". De multiples hypothèses sont envisagées pour expliquer la collision entre un train de passagers et de marchandises dimanche à 23h03 dans la région liégeoise. Un problème de signalisation reste possible, mais il est trop tôt pour s'avancer, explique Frédéric Sacré.

Par ailleurs, "la foudre s'est abattue sur les installations électriques dimanche soir, quelques heures avant l'accident. Il est évidemment tentant de faire le lien mais c'est beaucoup trop prématuré", insiste le porte-parole. Le brouillard aurait peut-être également joué un rôle.

Les trains belges sont équipés d'un système de freinage sécurisé, le TBL1+ (Transmission Balise Locomotive 1+) qui vérifie de manière ponctuelle la vitesse moyenne du train. Ce système permet d'éviter qu'un conducteur ne franchisse un feu rouge. Presque l'ensemble du réseau ferroviaire (99,99%) est équipé de ce système. Aurait-il mal fonctionné ? "C'est à l'enquête de le déterminer", avance Frédéric Sacré, qui reste prudent.

Seule l'enquête permettra de faire la lumière sur la collision lors de laquelle trois personnes ont perdu la vie. "Les investigations sont complexes parce qu'elles concernent non seulement l'infrastructure mais aussi le matériel du train", conclut M. Sacré.

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Charles Michel s'engage à ce que la lumière soit faite sur les circonstances

Le Premier ministre Charles Michel "tient à exprimer ses condoléances aux familles et aux proches des victimes de l'accident de train survenu dimanche soir à Saint-Georges-Sur-Meuse", a-t-il indiqué dans un tweet lundi matin. Charles Michel, qui exprime sa sympathie et ses voeux de prompt rétablissement aux personnes blessées, s'engage également à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l'accident, a précisé son porte-parole. Le Premier ministre remercie et salue par ailleurs la réaction rapide et efficace des services de secours et des autorités locales.

Le Premier ministre Charles Michel et le roi Philippe se sont rendus ensemble, lundi en début d'après-midi, sur les lieux de l'accident dans la région liégeoise. (Les photos ici

Condoléances de la commissaire européenne aux Transports

La commissaire européenne aux Transports, Violeta Bulc, a fait part de ses condoléances aux proches des victimes. "Mes pensées vont aux amis et familles des victimes et aux blessés", a-t-elle indiqué sur le réseau social Twitter lundi matin.

La commissaire européenne a précisé que l'Agence ferroviaire européenne était prête à fournir une assistance. Celle-ci, située dans le nord de la France, a été établie pour offrir une expertise technique aux Etats membres et à la Commission européenne en matière de sécurité ferroviaire notamment.


Perturbations sur la dorsale wallonne à prévoir dans la journée

En raison de cet accident, des perpétuations sur toute la dorsale wallonne sont à prévoir lundi. Les conséquences des éventuels mouvements de grogne des cheminots seront toutefois minimes, indique la porte-parole de la SCNB, Nathalie Pierard. La circulation est interrompue sur une portion de la dorsale wallonne lundi entre Flémalle-Haute et Huy, un tronçon qui est fort fréquenté car il permet de connecter les villes de Namur et Liège. Des navettes de bus permettent de relier Flémalle-Haute à Huy, les trains circulent toutefois entre Flémalle et Liège, et entre Namur et Huy.

"La navettes seront en correspondance avec les trains qui relient Flemalle et Liège ainsi que Namur et Huy", assure la porte-parole de la SNCB, qui observe que la ligne est fort fréquentée ce qui ne manquera pas d'occasionner "des perturbations pour les passagers" en journée.

Deux trains ont été supprimés lundi matin sur la ligne Charleroi-Bruxelles, répercussion des grèves menées la semaine passée par les cheminots.

La porte-parole n'exclut pas d'autres suppressions "minimes" dans ce contexte. La ligne entre Tournai et Lille n'est par exemple pas opérationnelle car elle n'a pas été empruntée par des trains durant une semaine et nécessite donc un entretien.