L'INCC attaqué : les 5 suspects remis en liberté, le bâtiment n'était pas surveillé

Les personnes interpellées appartiennent à "l'environnement immédiat de l'Institut". Selon le parquet, "il est clair que des suspects avaient intérêt à faire disparaître des éléments de leurs dossiers". Le bâtiment ne bénéficiait pas d'une surveillance humaine mais était équipé de caméras.

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Cinq personnes ont été interpellées après l'incendie criminel qui a visé dans la nuit de dimanche à lundi le bâtiment de l'Institut national de criminalistique et de criminologie à Neder-Over-Heembeek, provoquant une explosion et d'importants dégâts, mais sans faire de blessés. Elles ont été remises en liberté après audition, a indiqué lundi vers 15H00 le parquet de Bruxelles. A ce stade, il n'a été procédé à aucune inculpation. Le parquet de Bruxelles a saisi un juge d'instruction du chef d'incendie volontaire d'un immeuble et de dégradations par explosion. Le parquet et le juge d'instruction sont descendus sur les lieux. Différents experts ont été désignés. Les expertises sont en cours.

Les auteurs sont entrés dans le site vers 2h30. Ils ont ensuite brûlé leur véhicule.

Le laboratoire d'analyse de microtraces (cheveux, poils, fragments végétaux...), directement visé durant l'attaque, est fortement endommagé. Il a joué un rôle important dans de nombreux dossiers judiciaires, notamment l'affaire Dutroux ainsi que l'assassinat de Stacy Lemmens et de Nathalie Mahy, en juin 2006 à Liège. Les milliers de cheveux retrouvés pendant l'enquête sur l'affaire Dutroux sont toujours conservés dans ce labo.

A ce stade de l'enquête, aucun explosif n'a été trouvé. La piste terroriste n'est pas privilégiée, sans être à ce stade exclue. "C'est probablement des gens qui ont un intérêt à mettre le feu à un tel bâtiment, mais de là à considérer que ce soit le crime organisé, on n'a pas d'élément", relève le porte-parole du parquet de Bruxelles. Qui ajoute : "Il va de soi que plusieurs individus auraient intérêt à faire disparaître des éléments à charge de leurs dossiers judiciaires. L'enquête est en cours et plusieurs pistes sont envisagées".

Rapidement, les pompiers de Bruxelles ont été dépêchés sur le lieux et ont pu maîtriser l'incendie. Les dégâts sont importants mais personne n'a été blessé.

L'INCC attaqué : les 5 suspects remis en liberté, le bâtiment n'était pas surveillé
©Google Street View


"Les incendies peuvent provoquer des explosions, commises ou non par les auteurs", commente le porte-parole du parquet. "Dans un laboratoire scientifique, il peut y avoir des éléments à l'intérieur qui peuvent provoquer des explosions. Nous n'avons pas encore trouvé de trace d'explosif. Mais c'est prématuré de conclure à leur absence étant donné que pour les premières constatations, on est très limités."

La Chaussée de Vilvorde a été fermée à la circulation et un périmètre de sécurité a été installé, a constaté Belga sur les lieux. Les pompiers sont toujours sur place, tout comme les équipes de la police scientifique. Une voiture calcinée était visible au sein du périmètre.

Le ministre de la Justice Koen Geens s'est borné, sur Twitter, à indiquer que le parquet de Bruxelles menait l'enquête et qu'"on ne peut actuellement tirer aucune conclusion".

L'Institut dépend du SPF Justice. L'une de ses missions consiste à identifier et analyser les traces de suspects et le modus operandi, aidant ainsi à retrouver les auteurs de crimes et à établir la charge de la preuve.

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