Le nombre d'étudiants au CPAS a doublé en 10 ans

Les CPAS sont confrontés à un afflux inédit d'étudiants.

Le nombre d'étudiants au CPAS a doublé en 10 ans
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Romain Demoustier

Les CPAS sont confrontés à un afflux inédit d'étudiants.

Tout comme les personnes âgées, les étudiants sont ceux qui courent le plus de risque de basculer dans la précarité. Difficile en effet de joindre les deux bouts quand les parents n’ont pas la possibilité de donner un coup de pouce financier pendant les études. Ainsi, la pauvreté étudiante est un phénomène qui s’est amplifié en Belgique ces dernières années. Selon le SPF Intégration sociale, le nombre de jeunes qui bénéficient du Revenu d’intégration sociale (RIS) a doublé en 10 ans, passant de 7.239 en 2006 à 14.867 en 2016. Un chiffre immense puisque ces étudiants pauvres représentent près de 15 % du nombre total de bénéficiaires belges du RIS.

Une réalité difficile mais qui ne surprend en aucun cas le président de la Fédération des étudiants francophones (FEF), Maxime Mori. "On estime qu’une année d’études coûte entre 10.000 et 12.000 euros pour un étudiant. On remarque aussi que la majeure partie de ce budget est affectée aux frais indirects auquel il doit faire face. Parmi eux, la nourriture, les transports… Pour ce dernier point par exemple, nous ne trouvons pas normal que le tarif étudiant soit limité aux moins de 25 ans. Un jeune qui commence des études de médecin à 18 ans n’a pas encore terminé à cet âge-là…", précise-t-il.

Autre point de dépense considérable : le loyer. À Bruxelles et dans les grandes villes wallonnes, son prix n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Et si certains ont la chance de pouvoir bénéficier d’un logement universitaire à moindre coût, la plupart des étudiants sont obligés de se tourner vers des biens détenus par des particuliers. "Les logements pour étudiants sont clairement insuffisants, surtout dans les hautes écoles et les écoles d’art, où ils sont presque inexistants. Nous avons besoin d’une politique plus ambitieuse en la matière", ajoute Maxime Mori.

Du côté du cabinet du ministre de l’Intégration sociale, Willy Borsus, on s’inquiète aussi du problème. "Les chiffres sont interpellants. C’est pourquoi j’ai entamé une réflexion sur ce sujet. Je souhaite que l’accès aux études des familles les plus pauvres soit garanti mais je m’interroge sur des situations spécifiques (par exemple, quand les parents sont à l’étranger). Je compte faire des propositions aux Fédérations des CPAS début 2017", note M. Borsus.


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