"Il a chamboulé notre vie": Huit ans pour un agresseur de policiers

"Il a chamboulé notre vie": Huit ans pour un agresseur de policiers
©michel tonneau
J. La.

Un fou furieux avait frappé au couteau deux policiers venus le contrôler dans un parc.

Trois mois plus tard, les deux policiers agressés n’ont toujours pas repris les patrouilles en rue. Ils restent marqués par cette attaque au couteau, qui aurait pu coûter la vie à l’un d’eux s’il ne portait pas son gilet pare-balles sous son polo. "Il a chamboulé notre vie", résume la policière.

Leur agresseur, un sans-papiers algérien qui serait âgé de 25 ans, a écopé mercredi d’une lourde peine devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Il a été condamné à une peine de huit ans de prison ainsi qu’à dix ans de mise à disposition du tribunal de l’application des peines après celle-ci.

Cet homme, qui s’appellerait Yassin Mabrouk, a toujours refusé de s’expliquer sur son geste. Il n’a jamais accepté d’être examiné par un psychiatre.

Il n’y a chez lui aucun amendement; "ni remords, ni regrets", il reste dans une posture de défi, a relevé, dans son jugement, le président de la 54e chambre correctionnelle.

Les faits datent du 7 septembre dernier. Le parc Bonnevie, situé au cœur de Molenbeek, était donc très fréquenté par des enfants en ce mercredi après-midi ensoleillé. Une fillette de 9 ans, qui jouait dans un bac à sable, est retournée inquiète vers sa mère.

Il se précipite sur les policiers

Elle avait vu un homme, habillé bien trop chaudement pour la saison, sur un banc qui jouait avec un couteau. Inquiète, la mère sort du parc avec ses trois enfants pour prévenir la police. Elle revient avec deux policiers qui patrouillaient dans les environs.

La policière veut aborder l’homme qui, raconteront des témoins, l’agresse immédiatement au couteau. Il se heurte au gilet pare-balles. Il vise alors le cou et le visage. La policière le repousse. Son collègue masculin sort son pepper spray et vise le forcené qui ne s’arrêtera pas et le frappera de son couteau. L’homme, qui fuyait, sera appréhendé dans les environs.

Une longue errance

Interrogé au poste, il dit d’abord qu’il est juif bien qu’il détienne un livre de prières musulmanes et qu’il psalmodiait des louanges à Allah avant d’agresser les policiers.

Il invoque des pertes de mémoire. A la juge qui l’a placé sous mandat d’arrêt, il a dit préférer la prison à la liberté. Il a toujours refusé d’être examiné par un psychiatre.

Son parcours a pu être quelque peu retracé. Il est passé par l’Italie, où il a purgé un an de prison pour vols et huit mois pour séjour illégal.

Il a transité par la Suisse et l’Allemagne où, d’après les données Interpol, il était connu pour séjour illégal, stupéfiants et séjour illégal.

En Belgique, il avait été contrôlé une première fois à Liège en septembre 2014. Sur les seules deux années qui ont suivi, il a été contrôlé sous dix-neuf alias. Quatre dossiers pour vols, pour recel et outrages ainsi que 14 dossiers pour séjour illégal ont été ouverts.

Le dernier datait du 28 août : porteur d’une fausse identité, il avait été contrôlé car il avait insulté une femme près d’une mosquée de Bruxelles. Il lui en voulait car elle ne portait pas de voile. Il avait à nouveau reçu un ordre de quitter le territoire.

"J’ai un petit regret. Sait-on vraiment qui est cet homme ? On ne sait pas qui est jugé", disait le policier blessé à l’issue de l’audience. Et d’ajouter qu’il savait vraiment manipuler un couteau.


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